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Trésorerie personnelle : et si vous la rentabilisiez !

Publié le 11 février 2022

C’est un chiffre vertigineux qui ne manque pas d’étonner. Les Français laissent dormir sur leurs comptes courants la bagatelle de 512 milliards d’euros, selon les données de la Banque de France. Et, si l’on y ajoute l’argent liquide conservé sous le «matelas», le montant s’élève à 757 milliards, soit plus du double de l’encours du Livret A !

Certes, le besoin d’accumuler une épargne de précaution est parfaitement légitime. Mais laisser dormir sur des comptes courants des sommes aussi importantes sous le prétexte que les taux d’intérêt sont au plus bas est dommageable, car des solutions existent pour faire fructifier sa trésorerie.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, vient d’ailleurs de donner un coup de pouce en décidant de suivre les recommandations de la Banque de France. Il a ainsi décidé de relever à 1% le taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire, à compter du 1er février.

Mieux, au regard de l’inflation, terme qui avait disparu du vocabulaire depuis 2014, la rémunération du Livret d’épargne populaire (LEP) a été portée de 1% à 2,2%, c’est-à-dire à son niveau du 1er février 2013 (2,25%). Et, avec le relèvement prévisible des taux directeurs de la Banque centrale européenne d’ici la fin 2022, tous les produits indexés sur les taux du marché monétaire vont sans doute retrouver du lustre. Voici donc les solutions, avec ou sans risques, avec ou sans impôts, pour rentabiliser votre trésorerie.

Les solutions sans risques et sans impôts

1 – Livret A – Le placement refuge

Le gouvernement a donc décidé de relever à 1% le taux du livret fétiche des Français, à compter du 1er février dernier. Il revient ainsi au niveau qui prévalait entre le 1er août 2014 et le 31 juillet 2015. Néanmoins, déduction faite de l’inflation (1,6% en 2021 et 2,7% estimés pour 2022, selon l’Insee), son rendement réel reste toujours négatif.

Il n’empêche, placer ses excédents de trésorerie sur le Livret A vaut mieux que de les laisser sommeiller sur des comptes courants. D’ailleurs, pas moins de 15 milliards d’euros ont été déposés l’an dernier sur ce placement refuge, portant ainsi son encours total à 343 milliards d’euros, selon les chiffres de la Caisse des dépôts, en intégrant le versement des intérêts (1,64 milliard en 2021).

Règle des quinzaines

Simple d’utilisation, liquide et sans risque, ce livret cumule de fait bien des avantages. D’autant que ses intérêts ne supportent ni l’impôt ni les prélèvements sociaux. Sur ce compte, rappelons-le, chaque personne peut déposer jusqu’à 22.950 euros.

Mais attention, les sommes commencent à produire des intérêts à partir du premier ou du seizième jour du mois suivant le dépôt. C’est la règle dite des quinzaines. Dès lors, pour optimiser un aller et retour, il convient de déposer quelques jours avant le 15 du mois ou le dernier jour du mois et, en sens inverse, retirer ses liquidités en début de quinzaine.

Enfin, si vous versez des sommes sur un livret ouvert au nom d’un enfant mineur, cet argent devient immédiatement et irrévocablement sa propriété. À sa majorité, il sera en droit de demander des comptes sur l’usage qui a été fait de son capital. En conséquence, il est vivement conseillé de déposer sur les comptes de ses enfants uniquement les sommes que l’on désire vraiment leur transmettre.

2 – LDDS – Il gagne à être connu

Le Livret de développement durable et solidaire est, en quelque sorte, le frère cadet du Livret A. Son origine remonte en effet au 8 juillet 1983, avec la création du Compte pour le développement industriel, plus connu sous son acronyme de Codevi.

Comme son aîné, le LDDS est un livret réglementé et défiscalisé. Il est donc encadré par l’État et ses intérêts ne supportent ni l’impôt, ni les prélèvements sociaux.

Livret solidaire

Néanmoins, à la différence du Livret A (les sommes collectées servent pour l’essentiel à la construction de logements sociaux), le LDDS contribue au financement des PME ainsi qu’à l’économie sociale et solidaire. Cela étant, sa rémunération est calquée sur celle du Livret A, donc rehaussée à 1% depuis le 1er février.

Même s’il évolue dans l’ombre du Livret A, avec un plafond de versement limité à 12.000 euros, ce livret est loin d’être un parent pauvre : en 2021, le LDDS a collecté 4 milliards d’euros, portant son encours à 126 milliards d’euros.

À noter que, depuis le 1er octobre 2020, les titulaires d’un LDDS peuvent offrir tout ou partie des sommes déposées à une entreprise de l’économie sociale et solidaire. La banque auprès de laquelle vous avez ouvert votre livret doit vous proposer chaque année une liste d’au moins 10 entreprises. Mais ce don est évidemment optionnel.

3- LEP – La meilleure rentabilité

Dans l’univers des placements à court terme, le livret d’épargne populaire mérite bien son qualificatif d’oasis. Déjà, ce livret réglementé offrait un taux d’intérêt supérieur d’un demi-point (0,5%) à celui du Livret A, soit 1%. Avec la nouvelle formule de calcul adoptée par la Banque de France (indexée sur l’inflation moyenne hors tabac des six derniers mois), sa rémunération a été relevée à 2,2% depuis le 1er février.

Autrement dit et compte tenu du fait que les intérêts sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, il s’agit du seul livret qui protège le pouvoir d’achat des épargnants. Certes, le plafond de versement peut sembler limité (7.700 euros). Mais il est possible d’ouvrir deux LEP par foyer (un livret pour vous et l’autre pour votre conjoint ou votre partenaire de Pacs).

Ouverture simplifiée

Même si le ministre de l’Économie a simplifié, en mars 2021, l’accès au LEP (il n’y a plus d’obligation de présenter sa déclaration de revenus à la banque), l’ouverture d’un plan reste néanmoins soumise à des conditions de revenu. Pour 2022, c’est le revenu fiscal de l’année 2020 – figurant sur l’avis d’imposition de 2021 – qui est à prendre en compte. Pour une personne seule, le revenu fiscal maximum a été fixé à 20.296 euros.

Pour un couple sans enfant, le plafond est porté à 31.135 euros (36.554 euros avec un enfant, 41.973 euros avec deux enfants, etc.). Si, au cours d’une année, vos revenus dépassaient ces maxima, vous pourrez conserver votre LEP, mais à la condition que vos revenus de l’année suivante repassent en deçà de cette limite.


Livret jeune : en appoint

C’est l’un des derniers nés des livrets réglementés. Institué par le décret du 2 mai 1996, le Livret jeune permet aux lycéens, aux étudiants et aux jeunes actifs de se constituer une épargne, de placer leur trésorerie ou de financer un projet, comme l’achat d’un ordinateur portable ou un voyage à l’étranger.

Réservé aux 12 à 25 ans résidant sur le territoire français (jusqu’à 16 ans, tout retrait nécessite un accord parental), ce livret est disponible dans la plupart des établissements bancaires. Certes, son plafond de versement est limité à 1.600 euros, mais un cumul avec un Livret A est possible. Sa rémunération est librement fixée par les banques sous réserve qu’elle soit au moins égale à celle du Livret A, soit 1% depuis le 1er février. Les intérêts perçus sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.

À noter : les établissements dépositaires sont tenus de solder d’office, au 31 décembre, les comptes des titulaires ayant atteint dans l’année l’âge de 25 ans.


Les solutions sans risques avec impôts

1- Livrets bancaires – Un bon complément

Pour faire fructifier sa trésorerie au-delà des plafonds des livrets réglementés, les comptes sur livrets des établissements bancaires constituent une option intéressante. D’autant que certaines maisons n’hésitent pas à faire des promotions sous la forme d’un taux bonifié durant une période de quelques mois. Et le relèvement à 1% du taux du Livret A et du LDDS devrait les inciter à aller dans cette voie.

Hors périodes promotionnelles, deux livrets bancaires se détachent actuellement sur le marché. PSA Banque, filiale bancaire de Peugeot SA, rémunère son livret Distingo au taux annuel brut de 0,5%, avec un plafond de versement de 10 millions d’euros. Et RCI Bank and Services, filiale de crédit spécialisé de Renault, propose les mêmes conditions pour son Livret Zesto, soit un taux annuel brut de 0,5% avec un plafond identique. La plupart des autres livrets affichent des rendements bruts compris entre 0,05% et 0,1%. Seul bémol, les intérêts de ces livrets sont imposables.

Intérêts imposables

Les gains sont en effet soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30%. Ce PFU se décompose en un taux forfaitaire d’impôt sur le revenu de 12,8%, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux global de 17,2%. Et le PFU s’applique dès l’encaissement des revenus. Pour les livrets Distingo et Zesto, le rendement net ressort ainsi à 0,35%.

Néanmoins, l’application du barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible. Mais attention, cette option vaut pour l’ensemble des revenus (dividendes et intérêts) et des plus-values boursières réalisées au cours de l’année d’imposition.

2- Fonds monétaires – Sans intérêt

Ce n’est pas encore cette année que les Français pourront «s’enrichir en dormant» avec les sicav et fonds monétaires, pour reprendre une formule célèbre. Depuis 2014, avec la baisse historique des taux d’intérêt à court terme, ces instruments collectifs servent en effet des rendements dérisoires, voire négatifs compte tenu des frais de gestion (-0,26% en moyenne en 2020, -0,3% en 2021).

D’ailleurs, dans les documents d’information remis aux investisseurs, il est précisé que, dans certaines situations (comme «le faible niveau des taux d’intérêt du marché monétaire»), l’objectif de préservation du capital peut être compromis. Un comble.

Taux négatifs

Néanmoins, avec le retour de l’inflation dans la zone euro et le relèvement prévisible des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), ces produits pourraient bien revenir en grâce. Investis en bons du Trésor, certificats de dépôt et billets de trésorerie, ils sont directement indexés sur le nouvel indice de taux à court terme.

Performance des fonds monétaires

Depuis le 2 octobre 2019, la BCE a remplacé en effet l’Eonia (euro overnight index average) par l’Ester (euro short-term rate), devenu depuis l’€STR – très simple à écrire et à mémoriser… – qui reflète donc le loyer de l’argent au jour le jour. Au regard du taux actuel servi par l’€STR (-0,58%), il est donc inutile de se précipiter sur les sicav et fonds monétaires, dont les gains de cession sont par ailleurs imposables.

3 – Comptes à terme : à redécouvrir

Avec la glissade des taux d’intérêt, les comptes à terme ont perdu une grande partie de leur attrait. Pourtant, ces produits permettent de placer sa trésorerie sans risque sur le capital, avec un rendement connu à l’avance. C’est d’ailleurs un outil privilégié par les trésoriers des entreprises. Et plus la durée de détention est longue, plus le taux est élevé.

En offrant en moyenne 0,13% sur une période inférieure à un an, les comptes à terme ne sont guère attractifs. En revanche, à partir d’un an, ils font la différence. PSA Banque propose le compte à terme Distingo (au même nom que le livret) avec un plafond de 100.000 euros. Sa rémunération annuelle s’élève à 0,65% pour un engagement d’un an, 0,7% pour une durée de 2 ans et 0,8% pour 3 ans. La souscription de ce compte n’est toutefois ouverte qu’aux personnes majeures déjà titulaires d’un Livret Distingo.

Taux progressif

RCI Bank and Services (Renault) propose, de son côté, aux titulaires d’un livret Zesto un compte à terme, baptisé Pepito, d’une durée de 3 ans, avec un dépôt maximum d’un million d’euros.

Il diffère de celui de PSA Banque dans la mesure où il est à taux progressif. Autrement dit, il est composé d’une succession de 12 comptes à terme trimestriels, dont le taux de rémunération augmente au fil du temps (de 0,05% au 1er trimestre à 1,3% au 12e, soit un taux actuariel de 0,55%).

À noter que les intérêts du compte à terme sont imposables comme ceux des livrets bancaires.


Assurance vie : le couteau suisse

L’horizon naturel de l’assurance vie est d’au moins huit ans, ne serait-ce que pour profiter d’une fiscalité attractive, avec une imposition des gains plafonnée à 7,5% (et pouvoir transmettre sans impôt jusqu’à 152.500 euros par bénéficiaire). Mais ce «couteau suisse» de l’épargne peut également se mettre au service de la trésorerie.

En 2021, les contrats Trophées d’Or primés par Le Revenu n’ont-ils pas servi en moyenne un rendement net de 1,3%, avec pour certains des taux proches de 2% ?

Pour en profiter, il faut d’abord disposer d’un contrat âgé de plus de huit ans. Ensuite, il convient de s’assurer que la compagnie ne prélève aucun frais à l’entrée. Enfin, pour optimiser l’opération, il faut effectuer, si possible, vos retraits après le 1er janvier.

En effet, sur certains contrats en euro, les sommes retirées en cours d’année ne bénéficient pas du taux de rendement le plus élevé. Placer sa trésorerie sur un contrat d’assurance vie est donc envisageable, mais nécessite de s’entourer de précautions.


PEL : un très bon plan

Si vous détenez un Plan d’épargne logement ouvert avant le 1er août 2016, il convient de le privilégier avec un plafond de versement maintenu à 61.200 euros. Certes, les PEL subissent désormais les prélèvements sociaux, dont les modalités sont variables selon l’ancienneté et la date d’ouverture du PEL. Certes, la rémunération des nouveaux plans a été abaissée ces dernières années pour tomber à 1%, à compter du 1er août 2016. Mais cette dernière mesure n’a pas eu de caractère rétroactif.

Autrement dit, vos anciens PEL continuent d’offrir, pendant la phase d’épargne, une rémunération de 2,5% pour les livrets ouverts avant le 31 janvier 2015, de 2% pour ceux ouverts entre le 1er février 2015 et le 31 janvier 2016, et de 1,5% pour ceux ouverts entre le 1er février 2016 et le 31 juillet 2016.

Néanmoins, afin d’éviter tout risque de clôture prématuré, il est conseillé de ne pas mettre votre PEL au plafond en gardant une marge de 540 euros par année de vie restant avant son terme.


Les solutions avec risques et impôts

1 – Comptes courants d’associés – À user avec modération

C’est une solution peu connue du grand public, mais qui n’est pas dénuée de risques. Depuis la loi du 22 mai 2019, dite loi Pacte, il est possible à chaque associé (cas d’une SARL) ou à chaque actionnaire (SA), sans condition de participation au capital, de faire un apport en trésorerie à son entreprise, via un compte courant d’associé.

Or, ce compte courant, l’équivalent d’un prêt (une convention est signée entre l’associé et l’entreprise), peut produire des intérêts, qui suivent le même régime fiscal que ceux des obligations. Si la loi ne fixe pas de borne, il existe une limite légale pour les entreprises.

Limite légale

Pour pouvoir déduire les intérêts versés du résultat imposable de la société, la rémunération ne doit pas dépasser le taux plafond fixé chaque trimestre par l’administration fiscale (actuellement 1,17%). Pour les particuliers, ces intérêts sont donc soumis soit au prélèvement forfaitaire unique de 30%, soit au barème de l’impôt sur le revenu auquel il convient d’ajouter les prélèvements sociaux.

La rémunération offerte peut donc être très supérieure à celle des livrets bancaires ou des comptes à terme. Mais, avec la crise sanitaire et ses effets sur l’économie, cet engagement peut se révéler périlleux. Il nécessite d’avoir une connaissance intime de l’entreprise. En cas de cessation de paiement, le créancier d’un compte courant d’associés est en effet considéré comme un créancier chirographaire, c’est-à-dire un créancier simple ne disposant d’aucune sûreté particulière.

2 – Crowdfunding immobilier – Pour la part spéculative

Le financement participatif ou crowdfunding (littéralement «financement par la foule») peut constituer une solution, mais uniquement pour la part spéculative du poste trésorerie (5% maximum). La rentabilité, de l’ordre de 9% brut (avant PFU), selon le baromètre de Fundimmo et de Hellocrowdfunding, est à la hauteur du risque encouru.

Dans l’immobilier, cette activité permet en effet de financer les besoins des promoteurs pour leurs projets de construction. Avec le durcissement de la réglementation, les établissements de crédit sont moins enclins à prêter la totalité des montants requis, notamment aux promoteurs de taille modeste ou moyenne.

Crowdfunding immobilier

Après avoir déposé un permis de construire purgé de tout recours, le promoteur dispose en général, à ce stade, d’un financement représentant les trois quarts du montant total de son opération (avec un crédit bancaire et la pré-commercialisation d’environ 40% des lots). Il lui faut donc trouver un financement complémentaire.

Entre 12 et 36 mois

Il peut ainsi faire appel aux particuliers, via l’une de ces plateformes Internet comme Anaxago, Clubfunding, Fundimmo, Homunity, Koregraf, Raizers et Wiseed, pour trouver les fonds nécessaires pour une durée comprise entre 12 et 36 mois, le temps d’achever la construction et de vendre la totalité des lots, avec un ticket d’entrée qui démarre le plus souvent à 1;000 euros.

En 2021, le taux de retard accusé dans les différents projets de construction s’est élevé, en moyenne, à 11,4% (4,76% pour les retards inférieurs à 6 mois, 6,61% au-delà). Et le taux de défaut de remboursement s’est établi à 0,09%. Ces chiffres devraient sans doute évoluer à la hausse dans la mesure où la crise sanitaire est loin d’être achevée.


Garantie des fonds déposés : des plafonds d’indemnisation très variables

En cas de défaillance d’une banque, les Livrets A, Plans d’épargne logement et contrats d’assurance vie ne sont pas traités de la même manière.

Les détenteurs de livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) peuvent dormir sur leurs deux oreilles : les fonds déposés sur ces différents comptes d’épargne sont garantis par l’État à 100%. Autrement dit, en cas de défaillance de l’établissement bancaire qui les abrite, ils seront intégralement remboursés.

Pour les autres dépôts bancaires, le régime d’indemnisation est différent. À la suite d’une directive européenne, il a été créé un Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), chargé de l’indemnisation des déposants si l’établissement ne peut plus faire face à ses engagements. Dans ce cas, le FGDR (www.garantiedesdepots.fr) intervient dans un délai de 7 jours ouvrables, mais jusqu’à 100.000 euros par personne et par établissement.

Produits couverts : les comptes courants, dépôts à terme, CEL, PEL, Livret jeune, dépôts effectués sur les comptes-espèces des PEA, PER et d’épargne salariale.

De 70.000 à 500.000 euros

Si vous avez plusieurs comptes dans une même banque, tous les dépôts sont additionnés et indemnisés jusqu’à 100.000 euros. Et si vous avez des comptes dans plusieurs banques, la garantie du FGDR s’applique séparément pour chacune des banques. Enfin, si vous avez un compte joint, il est réparti à parts égales entre chaque cotitulaire.

Par exception, certains dépôts ouvrent droit, sur justificatif, à un rehaussement du plafond de la garantie jusqu’à 500.000 euros, mais seulement durant 3 mois à compter de la date de crédit. Dans ce cadre, on trouve les fonds issus de la vente d’un logement, de la réparation d’un dommage, du versement en capital d’un avantage retraite, d’une succession, d’un legs, d’une donation, d’une prestation compensatoire ou d’une indemnité à la suite de la rupture d’un contrat de travail. En cas de pluralité d’événements, les rehaussements se cumulent.

Diversifier ses comptes

Le FGDR dispose de fonds propres limités à 5 milliards d’euros, ce qui peut paraître dérisoire au regard d’une défaillance bancaire de grande ampleur. Mais, en cas de besoin, il peut emprunter et aussi appeler des contributions exceptionnelles auprès de ses 453 adhérents. En tout état de cause, si vous conservez des soldes créditeurs importants, il paraît judicieux de diversifier ses comptes bancaires.

Pour les contrats d’assurance vie, il existe un dispositif à part. Lorsqu’une société d’assurances est en difficulté, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution lui enjoint de prendre toutes les mesures pour restaurer sa situation financière. Si elle n’y parvient pas, l’ACPR peut alors saisir le Fonds de garantie des assurances de personnes (www.fgap.fr). Dans ce cas, l’indemnisation joue à hauteur de 70.000 euros par assuré, quel que soit le nombre de contrats souscrits auprès d’un même assureur.