Le système de retraite au cœur du débat

Selon le Conseil d’orientation des retraites, 5 millions de Français vont partir à la retraite dans les 15 prochaines années alors que le nombre de cotisants restera constant. Le niveau des retraites va donc diminuer mais notre durée de vie, elle, va continuer à s’allonger. Fort de ce constat, il s’avère plus que jamais nécessaire de financer un complément de revenu pour votre retraite. Cet objectif d’épargne va devenir petit à petit un réflexe incontournable pour prévenir les risques d’une pension insuffisante.

Vous vous en doutez : pour pouvoir partir à la retraite, vous allez devoir travailler plus longtemps. Les dernières réformes des retraites, qu’elles soient basées sur le recul de l’âge de départ ou l’allongement de la durée de cotisation, poussent les Français à partir plus tard. Une façon pour les pouvoirs publics de compenser la baisse du nombre de cotisants (les actifs) alors que le nombre de retraités, lui, ne cesse de progresser sous l’effet de l’augmentation de l’espérance de vie. En clair : il va vous falloir justifier de davantage de trimestres de cotisation pour obtenir une pension à taux plein. Dans une vingtaine d’années, il faudra réunir 172 trimestres au lieu de 166 actuellement. Or, bien malin aujourd’hui celui qui est assuré de travailler (et donc de cotiser) sans heurts durant 43 ans (41,5 ans aujourd’hui).

Ne pas avoir tous ses trimestres entraîne une minoration de la retraite. Le montant de cette dernière n’est que de 1 600 € par mois pour un cadre. D’où l’intérêt de vous préparer en amont à une chute de revenus, a fortiori si vous êtes loin de l’âge de départ et que vous ne connaissez pas encore le nombre de trimestres de cotisations que l’on va vous demander.

Bon à savoir : le taux de remplacement, c’est-à-dire la différence entre le dernier salaire et la pension perçue, se situe à 70 % chez les employés, d’après le Conseil d’orientation des retraites (COR). Ce ratio s’élève à seulement 50 % chez les cadres (y compris en intégrant les retraites complémentaires).

1 306

C’est le montant moyen mensuel brut
de la pension en France.

Source : INSEE,
données 2013

55

%

des Français déclarent épargner
en vue de la retraite

Source : Ifop et le Cecop,
19-22 avril 2016

72

%

des Français pensent que leur pension
est ou sera insuffisante pour vivre correctement

Source: Ifop et le Cecop,
19-22 avril 2016

Anticiper : la clé d’une retraite confortable

Quand on interroge les Français sur la préparation financière de leur retraite,  ils sont moins de la moitié à répondre qu’ils épargnent régulièrement en prévision et ils constituent seulement  un quart des moins de 35 ans. Pourtant l’inquiétude vis-à-vis de sa future retraite est plus forte chez les jeunes générations. Et quand on pose la question de savoir à quel âge on conseillerait à un ami de commencer à financer sa retraite, 40 % répondent le plus tôt possible, dès le début de son activité professionnelle.
C’est effectivement la meilleure solution. Démonstration.

Il n’est parait-il jamais trop tôt pour préparer sa retraite. Reste qu’il est difficile de demander à un jeune qui débute sur le marché du travail de penser déjà à l’après. En premier lieu, mieux vaut donc attendre d’être stable professionnellement avant de réfléchir à la suite. Ensuite, il faut rapidement évaluer sa capacité d’épargne et mettre de côté en conséquence. Il est conseillé d’opter pour des versements automatiques. L’acquisition de la résidence principale est l’une des premières possibilités à envisager. Devenir propriétaire permet en effet de ne pas avoir de loyer à payer à la retraite.

Le rendez-vous de mi-carrière, proposé gratuitement par votre caisse de retraite à vos 45 ans, peut être l’occasion de faire le point et affiner votre préparation. À 55 ans, vous bénéficierez d’une estimation indicative globale (EIG). Vous pourrez alors décider de travailler au-delà de 62 ans, voire même de 65 ans, pour accumuler le plus de trimestres possibles. Vous pourrez également opter pour un rachat de trimestres au titre des années d’études supérieures ou de périodes incomplètes de cotisation (temps partiel, petits boulots, période de chômage non indemnisée…). Ce sera aussi l’occasion de se renseigner sur le cumul emploi-retraite, un dispositif qui permet de cumuler une pension avec une activité. Enfin, épluchez bien votre relevé individuel de situation (RIS) qui, envoyé tous les 5 ans à partir de vos 35 ans, recense le nombre de trimestres cotisés. Votre caisse peut ne pas avoir comptabilisé un emploi étudiant ou votre service militaire. Un oubli susceptible de vous coûter cher !

Conseil

Développer une activité complémentaire en tant qu’autoentrepreneur permet d’acquérir des trimestres de cotisation supplémentaires (à condition de générer un certain niveau de chiffre d’affaires). Une fois à la retraite, cela peut constituer une source de revenus bienvenue.

Choisir une épargne retraite sur mesure

Pour financer votre complément de retraite, il existe plusieurs types de placements avec des objectifs, des niveaux d’engagement et des modalités de sortie différents.
Dans la conjoncture actuelle, les choix ne sont pas toujours évidents. Voici donc quelques pistes pour vous aider à trouver la solution optimale en fonction de votre profil.

Si vous ne voulez pas acheter, ne disposez pas des moyens financiers pour devenir propriétaire ou si vous souhaitez réduire votre baisse de revenus à la retraite, vous avez la possibilité de souscrire des produits d’épargne retraite. La loi Fillon de 2003 a mis en place le plan d’épargne retraite populaire (Perp) accessible à tous les particuliers, quel que soit leur âge. La Retraite Madelin est un dispositif plus ancien et cette fois-ci, réservé aux travailleurs non-salariés (TNS), comme les artisans, les commerçants et les professions libérales.

Dans les deux cas, il s’agit de produits qui assurent, à la retraite, le versement de rentes viagères (jusqu’à la fin de sa vie). Ils permettent également de bénéficier d’avantages fiscaux très intéressants.

Bon à savoir : il existe six cas de déblocage anticipé d’un Perp ou cinq cas de déblocage anticipé d’un contrat Madelin (avant le départ à la retraite) : En cours d’adhésion : Des dérogations sont prévues pour pallier les difficultés de la vie de l’assuré : expiration des droits de l’assuré aux allocations chômage accordées consécutivement à une perte involontaire d’emploi, ou le fait pour un assuré qui a exercé des fonctions d’administrateur, de membre du directoire ou de membre de conseil de surveillance, et n’a pas liquidé sa pension dans un régime obligatoire d’assurance vieillesse, de ne pas être titulaire d’un contrat de travail ou d’un mandat social depuis deux ans au moins à compter du non-renouvellement de son mandat social ou de sa révocation ; Cessation d’activité non salariée de l’assuré à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire en application des dispositions du livre VI du Code de commerce ou toute situation justifiant ce rachat selon le président du Tribunal de commerce auprès duquel est instituée une procédure de conciliation, telle que visée à l’article L.611-4 du Code de commerce, qui en effectue la demande avec l’accord de l’assuré ; Invalidité de l’assuré correspondant au classement dans les deuxième ou troisième catégories prévues à l’article L.341-4 du Code de la sécurité sociale ; Décès du conjoint ou du partenaire lié par un pacte civil de solidarité de l’assuré ; Situation de surendettement de l’assuré, définie à l’article L.330-1 du Code de la consommation, sur demande adressée à l’assureur, soit par le président de la commission de surendettement des particuliers, soit par le juge lorsque le déblocage des droits individuels résultant de ces contrats paraît nécessaire à l’apurement du passif de l’intéressé ou, sous certaines conditions pour le Perp exclusivement, lorsque la valeur de transfert du contrat est inférieure à 2 000 €.

Selon les textes en vigueur au 1er août 2017.

Les premières questions à se poser

1

À quel âge vais-je prendre ma retraite ?

2

Serai-je locataire ou propriétaire ?

3

Quel sera mon niveau de vie ?

4

Quelles sont mes capacités
d’épargne actuelles ?