Le système de retraite au cœur du débat

Selon le Conseil d’orientation des retraites, 5 millions de Français vont partir à la retraite dans les 15 prochaines années alors que le nombre de cotisants restera constant. Le niveau des retraites va donc diminuer mais notre durée de vie, elle, va continuer à s’allonger. Fort de ce constat, il s’avère plus que jamais nécessaire de financer un complément de revenu pour votre retraite. Cet objectif d’épargne doit devenir un réflexe incontournable pour prévenir les risques d’une pension qui sera souvent insuffisante.

Vous vous en doutez : pour pouvoir partir à la retraite, vous allez devoir travailler plus longtemps. Les réformes des retraites, qu’elles soient basées sur le recul de l’âge de départ ou l’allongement de la durée de cotisation, poussent les Français à partir plus tard. Une façon pour les pouvoirs publics de compenser la baisse du nombre de cotisants (les actifs) alors que le nombre de retraités, lui, ne cesse de progresser sous l’effet de l’augmentation de l’espérance de vie. En clair : il va vous falloir justifier de davantage de trimestres de cotisations pour obtenir une pension à taux plein.

Ne pas avoir tous ses trimestres entraîne une minoration de la retraite. Le montant de cette dernière n’est en moyenne que de 1 600 € par mois pour un cadre. D’où l’intérêt de vous préparer en amont à une baisse substantielle de revenus, a fortiori si vous êtes loin de l’âge de départ et que vous ne connaissez pas encore le nombre de trimestres de cotisations qui sera exigé.

Bon à savoir : le taux de remplacement, c’est-à-dire la différence entre le dernier salaire et la pension perçue, se situe à 70 % chez les employés, d’après le Conseil d’orientation des retraites (COR). Ce ratio s’élève à seulement 50 % chez les cadres (y compris en intégrant les retraites complémentaires).

1 422

C’est le montant moyen mensuel brut
de la pension en France.

Source : DRESS, données 2017

53 %

des Français déclarent épargner en préparation de la retraite
un chiffre en hausse ces deux dernières années

Source : AMF

71 %

des Français interrogés placent parmi leurs
priorités d'épargne
l'objectif de disposer
d'un capital en vue de la retraite

Source : AMF

Anticiper : la clé d’une retraite confortable

Quand on interroge les Français sur la préparation financière de leur retraite,  ils sont moins de la moitié à répondre qu’ils épargnent régulièrement en prévision et ils constituent seulement  un quart des moins de 35 ans. Pourtant l’inquiétude vis-à-vis de sa future retraite est plus forte chez les jeunes générations. Et quand on pose la question de savoir à quel âge on conseillerait à un ami de commencer à financer sa retraite, 40 % répondent le plus tôt possible, dès le début de son activité professionnelle.
C’est effectivement la meilleure solution. Démonstration.

Il n’est parait-il jamais trop tôt pour préparer sa retraite. Reste qu’il est difficile de demander à un jeune qui débute sur le marché du travail de penser déjà à l’après. En premier lieu, mieux vaut donc attendre d’être stable professionnellement avant de réfléchir à la suite. Ensuite, il faut rapidement évaluer sa capacité d’épargne. Il est conseillé d’opter pour des versements automatiques. L’acquisition de la résidence principale est l’une des premières possibilités à envisager. Devenir propriétaire permet en effet de ne pas avoir de loyer à payer à la retraite.

Le rendez-vous de mi-carrière, proposé gratuitement par votre caisse de retraite à vos 45 ans, peut être l’occasion de faire le point et affiner votre préparation. À 55 ans, vous bénéficierez d’une estimation indicative globale (EIG). Vous pourrez alors décider de travailler au-delà de 62 ans, voire même de 65 ans, pour accumuler le plus de trimestres possibles. Vous pourrez également opter pour un rachat de trimestres au titre des années d’études supérieures ou de périodes incomplètes de cotisation (temps partiel, petits boulots, période de chômage non indemnisée…). Ce sera aussi l’occasion de se renseigner sur le cumul emploi-retraite, un dispositif qui permet de cumuler une pension avec une activité. Enfin, épluchez bien votre relevé individuel de situation (RIS) qui, envoyé tous les 5 ans à partir de vos 35 ans, recense le nombre de trimestres cotisés. Votre caisse peut ne pas avoir comptabilisé un emploi étudiant ou votre service militaire. Un oubli susceptible de vous coûter cher !

Choisir une épargne retraite sur mesure

Pour financer votre complément de retraite, il existe plusieurs types de placements avec des objectifs, des niveaux d’engagement et des modalités de sortie différents.
Dans la conjoncture actuelle, les choix ne sont pas toujours évidents. Voici donc quelques pistes pour vous aider à trouver la solution optimale en fonction de votre profil.

Les placements non rachetables offrent des avantages en termes de gestion financière dans un contexte de taux bas.

Vous avez la possibilité de souscrire des produits d’épargne retraite. La loi PACTE adoptée en 2019 a mis en place le plan d’épargne retraite (PER) accessible à tous les particuliers, quel que soit leur âge. Ce produit d’épargne a vocation à rassembler l’ensemble de votre épargne retraite y compris celle détenue dans un PERP ou contrats Madelin (destinés aux indépendants) et même si ces contrats sont détenus dans une autre compagnie d’assurance. La loi Pacte facilite également la transférabilité des droits en cas de changement d’employeur ou de statut professionnel, permettant à l’épargnant de gagner en visibilité.

Le PER offre de nouvelles possibilités de sortie. La sortie sous forme de rente viagère n’est plus obligatoire, le retraité pouvant choisir une sortie en capital totale ou échelonnée. La sortie en rente reste possible.

Pendant la phase de constitution de l’épargne retraite, vous pouvez déduire dans certaines limites de votre revenu imposable.Mais attention, les sommes déduites au moment du versement seront imposées lors de leur sortie au barème progressif de l’impôt sur le revenu.  Il faut donc s’assurer que ce choix d’épargne reste pertinent fiscalement en intégrant le coût fiscal de sortie.

La Tontine financière, opération d’épargne viagère non rachetable, reste une alternative ou un complément pertinent pour se constituer des revenus futurs complémentaires sous forme de capital.

Selon les textes en vigueur au 1er août 2020.

Les premières questions à se poser

1

À quel âge vais-je prendre ma retraite ?

2

Serai-je locataire ou propriétaire ?

3

Quel sera mon niveau de vie ?

4

Quelles sont mes capacités
d’épargne actuelles ?