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Trésorerie d’entreprise : la promesse des produits structurés

Publié le 15 août 2021

C’est un paradoxe : la crise liée au Covid-19 a en réalité généré une accumulation de liquidités chez certaines entreprises françaises et européennes. Toutes les entreprises n’ont pas été impactées de la même manière par la pandémie et certaines ont d’ailleurs bénéficié d’une hausse de leur activité (e-commerce, logistique, grande distribution…).

Pour certaines, les économies budgétaires liées à la crise (bureaux vides, évènements annulés, communication réduite…) couplées à une activité en hausse sur internet leur a permis de gagner des parts de marché.

Les différents dispositifs de soutien déployés par l’exécutif (activité partielle, fonds de solidarité, prêts garantis par l’État, reports de cotisations…), ont également donné lieu à une hausse de leur trésorerie, même s’il faut rappeler que l’endettement des entreprises a lui aussi progressé.

Ces réserves disponibles et accessibles pour l’entreprise, leur permettent soit de couvrir des dépenses imprévues soit d’investir. Cette trésorerie est traditionnellement «dormante» sur des comptes de dépôt en banque, peu rémunérateurs voire gourmands en frais.

Poussés par la baisse des taux et des rendements obligataires, les entreprises cherchent désormais de nouvelles solutions pour dynamiser leur trésorerie et obtenir du rendement.

Mais au-delà de la rémunération, c’est surtout un modèle qui change. Le temps où l’entreprise mono-bancarisée partageait une relation exclusive avec son banquier est peu à peu en train de muter. Les trésoriers d’entreprise sont davantage à l’écoute de nouvelles propositions pour faire fructifier leur trésorerie, tout en conservant leur relation bancaire historique.

Marché en plein boom

Et les produits structurés ont le vent en poupe. Créés sur mesure pour répondre aux attentes des trésoriers, ces solutions d’investissements opportunistes offrent des rendements optimums en protégeant le capital investi jusqu’à des niveaux de baisses donnés. Avec ces produits, vous avez la possibilité de construire une solution de placement dédiée autour d’un cahier des charges contrairement aux offres classiques.

Ces structures permettent d’investir sur différents moteurs de performances (indice boursiers, actions, obligations, taux). En contrepartie de la protection, les gains annuels sont plafonnés.

Avec les produits structurés, appelés aussi fonds à formules ou fonds à promesse, les règles du jeu sont connues à l’avance : la durée du placement, le moteur de performance, l’objectif de gain et le risque en capital. Une équation qui séduit de plus en plus les entreprises pour leur trésorerie.

Outre les caractéristiques mêmes du placement, sa disponibilité joue aussi pour beaucoup dans son entrée dans les portefeuilles des entreprises. Autrefois considérés comme produits complexes et exotiques, cette solution d’investissement est aujourd’hui proposée par de plus en plus de professionnels de la finance.

Et les chiffres du marché français sont sans appel : les structurés tiennent leurs promesses. Avec une durée de vie de 1,34 an pour un rendement annuel de 6,73% en moyenne sur les produits dits «autocall», c’est à dire automatiquement remboursés lorsque les conditions du produit sont remplies (Source Irbis MAP), près de 63% de ces solutions avec des maturités théoriques assez longues sont rappelées dès la première fenêtre de sortie sur le marché français.

Mais pour tirer tous les bénéfices de ce type de placement, encore faut-il savoir comment l’utiliser. Premièrement, le risque doit rester en adéquation avec les besoins de l’entreprise. Ensuite, les produits structurés restent des produits d’investissement dont le capital n’est pour la plupart pas garanti, il faut donc bien veiller à les utiliser dans la bonne proportion au sein des allocations.

Enfin, pour se constituer un portefeuille solide, il faut penser à diversifier en variant les moteurs de performances et les typologies de solutions. Tous les produits ne se ressemblent pas, certains vont viser du rendement, d’autres sont très protecteurs et se rapprochent davantage de produits obligataires.