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Placements : nos réponses à dix questions sur le PEL, les FCPI, les produits structurés…

Publié le 18 août 2021

«J’envisage sérieusement d’investir pour la première fois dans des FCPI. Qu’en pensez-vous ?»

Pour défiscaliser, diversifier vos placements, et soutenir le développement de petites et moyennes entreprises françaises, les FCPI présentent des atouts mais aussi des limites.

Le placement est moins performant dans la durée qu’on aurait tendance à le supposer. La faute à un niveau de frais (jusqu’à 3% à l’entrée et chaque année pour la gestion) souvent rédhibitoire. Préférez l’investissement en direct dans des PME dirigées par des patrons dont vous connaissez les talents.

«Je suis l’heureux possesseur d’un PEL d’avant 2011. Est-il possible d’en ouvrir un deuxième et quelle somme y mettre ?»

À titre individuel, vous ne pouvez détenir qu’un PEL. Mais ce qui est vrai pour vous l’est aussi pour votre conjoint et vos enfants à charge. Chaque membre de votre foyer fiscal peut posséder un plan. Ce qui peut vous permettre d’en ouvrir un deuxième, voire un troisième, si votre conjoint et votre enfant ne sont pas encore équipés.

Attention, les plans ouverts aujourd’hui demeurent attrayants en termes de rentabilité (1% brut) et de souplesse d’utilisation mais ils présentent moins d’atouts que votre PEL d’avant 2011 mieux rémunérés (2,5% et plus) et à durée de vie illimitée.

«Mon petit-fils étudiant âgé de 20 ans cherche un placement pour une somme de 20.000 euros. Que lui conseillez-vous ?»

Tout dépend à quoi il destine cette somme. Quand on débute en placement, il faut d’abord se constituer une épargne de précaution (pour les coups durs), puis économiser pour acheter son logement, avant de se diversifier en Bourse, immobilier locatif, et assurance vie.

La situation de votre petit-fils est atypique. Si on part du principe que ses études et ses dépenses courantes sont financées par ses parents, il pourrait chercher à valoriser au mieux cette somme dans l’optique d’un achat immobilier à l’horizon de cinq à dix ans. Dans ce cas, nous recommandons la stratégie 60 – 40 du Revenu : 60% de placements sans risques et 40% d’actifs risqués mais à fort potentiel de gain.

En pratique, il placerait 12.000 euros sur un PEL et 8.000 euros en actions via un PEA. Il doit consulter les bancs d’essai du Revenu pour connaître les valeurs sur lesquelles nous sommes à l’achat en ce moment.

«Mes parents ont 90 ans et envisagent un prêt d’argent en viager. Quelle est l’opinion du Revenu ?»

Vos parents touchent une petite pension, suffisante pour vivre tranquillement, pas assez pour payer une maison de retraite. S’ils disposent d’un petit capital, l’idéal serait d’en tirer plus de revenus en déléguant sa gestion à un proche de confiance.

À défaut, la conversion d’un avoir en rente viagère est envisageable. Mais ils doivent savoir qu’une partie (30% puisqu’ils ont plus de 69 ans) de cette rente sera taxée.

À leur âge, s’ils convertissent 100.000 euros avec une option de réversion à 100%, ils toucheront environ 1.100 euros par mois.

«Comment protéger mon capital ?»

Opter pour des placements sans risques est une erreur. Leur rendement net d’impôts et de prélèvements sociaux est aujourd’hui souvent inférieur à l’inflation : vous vous appauvrissez sans vous en rendre compte ! Vous devez accepter de prendre des risques mesurés sur une petite partie de vos économies.

Notre conseil : la stratégie du 80-20, voire 80-20: 80% de votre épargne sur des placements sans risques, type assurance vie en euros, 20% sur des supports dynamiques, comme une Sicav performante investie en actions internationales, par exemple.

«Mon conseiller me propose un produit structuré indexé sur le CAC 40 avec une protection du capital à 50% et un coupon annuel de 4%.»

Difficile d’argumenter sans disposer de la documentation technique. Notons toutefois que la protection du capital, assez faible (50%), s’entend certainement hors frais sur versements et hors frais de gestion du contrat d’assurance vie, si ce fonds est souscrit dans ce cadre, ce qui est le cas d’un fonds structuré sur deux.

Notre conseil : construisez votre propre fonds garanti. Ce n’est pas compliqué. Si vous disposez de 100 euros d’épargne, investissez 90 euros sur le fonds en euros d’un contrat vie et 40 euros sur une Sicav d’actions internationales. Sur la base d’un rendement de 1% du fonds en euros, vous ne pouvez pas perdre d’argent sur une période de dix ans à douze ans et vous avez toutes les chances d’encaisser un gros bonus en cas de hausse de la Bourse.

«J’ai ouvert en 1993 un PEL sur lequel il y a près de 100.000 euros. Ma banque me conseille de le fermer et de transférer le capital sur un contrat d’assurance vie avec 80% sur un fonds en euros et 20% d’unités de compte. Dois-je l’écouter ?»

Votre PEL n’a pas de durée de vie maximale. Vous pouvez le conserver aussi longtemps que vous le souhaitez. Reste à savoir si c’est votre intérêt. Les PEL ouverts entre mai 1986 et février 1994 rapportent aujourd’hui 4,62% brut. Pour un placement sans risques, totalement liquide, il est impossible de trouver mieux. Bien sûr, ce qui compte c’est le taux de rendement net de prélèvements sociaux et d’impôts.

Si vous êtes soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%, votre PEL vous rapporte 3,23% net, soit davantage qu’un bon contrat d’assurance vie en euros.

Tout dépend donc de vos objectifs patrimoniaux, sachant que la stratégie proposée en assurance vie (80% fonds en euros, 20% en unités de compte) tient la route dans l’optique d’un placement de long terme.

«Pour financer les études de mon fils, vaut-il mieux faire des retraits sur mon PEL ou puiser dans mon PEA ?»

Retirer un euro d’un PEL force à le clôturer. Ce n’est pas le cas avec un PEA, sur lequel des retraits partiels sont possibles au-delà de cinq ans de détention. Autre point important, le PEL est un placement sans risques. Le PEA repose sur le rendement d’actions, c’est un placement aléatoire.

Si vous puisez dans votre PEL, toutes choses égales par ailleurs, vous augmentez le poids des investissements à risque dans votre patrimoine, ce qui n’est pas le cas quand vous effectuez des retraits sur votre PEA.

Conclusion : le choix est très personnel. Tout dépend de votre situation, de votre degré d’acceptation du risque notamment. Dans le doute, mieux vaut miser sur la ­sécurité et effectuer un retrait partiel sur le PEA si cela est possible. Mieux vaut gagner un peu moins que mettre ses économies en danger.

«J’ai ouvert le 19 mai 2011 un PEL. Sans me prévenir le 22 avril dernier, la Caisse Épargne a viré la totalité de l’épargne sur un livret B  avec un taux de rendement à 0,10% brut. La banque a-t-elle abusé de son droit ?»

Votre agacement est légitime. Si incompréhension il y a, elle s’explique sans doute par la complexité du fonctionnement du PEL. Vous avez dû saturer la possibilité de dépôt le 22 avril 2016, soit il y a cinq ans. Dit autrement, ce jour-là, vous avez dû atteindre le plafond de versements de 61.200 euros. Votre plan était alors de facto «échu» même si vous n’en saviez rien et rentrait dans une période d’attente de cinq ans.

Au terme de cette période, le plan est automatiquement clôturé et l’argent versé sur un livret. C’est ce qui a dû vous arriver. Nous ne voyons pas d’autres explications.

«Pouvez-vous me donner la liste des dépôts qui entrent dans les 100.000 euros garantis en cas de faillite d’un établissement bancaire ?»

Le Fonds de garantie des dépôts indemnise les déposants en cas de défaillance d’une banque. Tous les dépôts sont couverts : solde créditeur des comptes bancaires, comptes sur livrets, plans d’épargne logement, LDD, LEP, liquidités du PEA… À l’exception des dépôts en devises étrangères (dollars, yens, francs suisses).

Le plafond d’indemnisation s’entend par déposant et par établissement. Il est de 100.000 euros, sauf exception (500.000 euros supplémentaires si l’argent de la vente d’un bien immobilier figure sur le compte). Pour le calcul du plafond, l’argent du compte joint est réparti à parts égales entre les deux titulaires. On peut donc considérer qu’un couple a droit à une protection à hauteur de 200.000 euros.

Toutefois, il est important de préciser que, en cas de défaillance d’un établissement, la reprise par un concurrent est le scénario le plus crédible. Dans ce cas, le repreneur s’engage à préserver les avoirs des clients transférés. Vous pourrez alors récupérer l’intégralité des liquidités.


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