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France : prévisions économiques moroses

Publié le 08 octobre 2022

Que nous réserve la fin de l’année ? Alors que nous venons tout juste d’entamer le dernier trimestre, les économistes de l’Insee viennent de livrer une nouvelle salve de prévisions économiques dans un document intitulé : «Un automne lourd de menaces pour l’Europe.»

Comme son titre l’indique, cette note de conjoncture n’est guère optimiste en raison d’un contexte international dégradé marqué par les risques géopolitiques, les problèmes d’approvisionnement énergétiques, la situation sanitaire et les conséquences des politiques monétaires plus restrictives.

Ainsi, l’Insee anticipe un ralentissement de l’activité en France d’ici à la fin de l’année. La croissance du PIB (produit intérieur brut) ressortirait à 0,2% au troisième trimestre, (après +0,5% au trimestre précédent) avant de tomber à 0% sur les trois derniers mois. Malgré tout, grâce au rattrapage post-covid observé au premier semestre, la croissance moyenne annuelle serait de 2,6%.

Pour établir leurs anticipations, les économistes de l’Insee ont passé au crible les enquêtes menées auprès des chefs d’entreprises. Il ressort des indicateurs avancés que le climat des affaires dans l’industrie est loin d’être au beau fixe.

Perspectives de production en berne

Les opinions concernant les carnets de commande et les perspectives de production sont en berne et le niveau des stocks de produits finis est jugé élevé.

Cependant, le repli global de l’activité manufacturière masque des disparités sectorielles indique l’Insee : «le recul toucherait notamment les «autres branches industrielles» (chimie, métallurgie, caoutchouc et plastique…), en lien avec la plus forte utilisation d’énergie de ces secteurs.»

En effet, l’institut montre que l’industrie chimique est la plus dépendante de consommations intermédiaires énergétiques avec un peu plus de 25% de la production de la branche. Loin devant la métallurgie (9%), l’industrie du papier carton (8%) et la fabrication de produits minéraux non métalliques qui regroupe notamment l’industrie du verre (7%).

En revanche, l’Insee juge que les services pourraient encore progresser en fin d’année. Mais les effets de rattrapage seront estompés.

Une baisse de confiance des ménages

Quant aux ménages, ils devraient profiter du rebond du pouvoir d’achat au second semestre après un déclin en première partie d’année en raison des tensions inflationnistes. Le ralentissement des prix et la progression des salaires nominaux devraient y contribuer.

Pour autant, la baisse de confiance des ménages les incite à moins consommer et à épargner encore davantage. L’Insee prévoit un taux d’épargne repassant la barre des 17% après avoir atteint un point bas au deuxième trimestre à 15,5%.

Dans les grandes lignes, la demande intérieure hors stocks devrait contribuer à la croissance à hauteur de 0,1 point au quatrième trimestre. Le commerce extérieur pourrait aussi rapporter 0,1 point de croissance (grâce à d’importantes livraisons dans le secteur de l’aéronautique) tandis que les variations de stocks joueraient en sens inverse en ôtant 0,2 point de PIB.

Enfin, l’inflation est attendue à 5,2% en moyenne sur l’ensemble de l’année avec un indice des prix sous-jacent (hors éléments volatils) en hausse de 3,8%.