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Epargne retraite : vous détenez peut-être un PER sans le savoir

Publié le 14 octobre 2022

Trois ans après l’arrivée sur le marché des premières offres de Plan d’épargne retraite (PER), le 1er octobre 2019, Bercy a de quoi se réjouir. Au 30 juin 2022, «Plus de 6 millions de personnes bénéficient déjà de ces nouveaux PER, soit plus du double de l’objectif de 3 millions initialement fixé pour fin 2022», se félicite, dans un communiqué publié le 12 octobre 2022, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances. L’encours total de ces PER s’élève à 70 milliards d’euros.

Vous faites peut-être partie de ces six millions de titulaires d’un PER… sans en avoir conscience. Le Revenu vous explique comment le vérifier.

Si, comme 3,5 millions de Français, vous détenez un PER individuel, pas de doute, vous vous souvenez forcément l’avoir souscrit, notamment afin de bénéficier de l’intéressante réduction d’impôt sur le revenu.

Le mercato de l’épargne retraite

Vous avez peut-être également transféré un Perp ou contrat Madelin, que vous aviez souscrit il y a des années, vers un nouveau PER individuel, beaucoup plus souple.

Principal avantage : pouvoir sortir en capital, au moment de la liquidation de la retraite (pour les Perp et Madelin seule la sortie en rente était possible). Selon un rapport récent de France Stratégie, plus d’un PER individuel sur deux (54%) est issu d’un transfert d’un ancien contrat individuel.

Pour les 2,5 millions de titulaires de PER entreprises (PER collectifs ou PER obligatoires) qui sont, eux, gérés par les partenaires sociaux au sein de votre entreprise, c’est peut-être moins évident.

En effet, selon France Stratégies, les PER collectifs sont issus à 90% de transferts d’anciens Perco. Autrement dit, si vous étiez titulaire d’un Perco, il y a beaucoup de chance que votre entreprise l’ait transformé en PER ou envisage de le faire. Même si les deux placements sont proches, le PER collectif apporte plus de souplesse. Il peut par exemple vous permettre de réaliser des versements volontaires que vous déduisez de vos revenus comme si c’était un PER individuel.

De même, si vous étiez titulaire d’un « article 83 », un contrat d’épargne retraite supplémentaire à versements obligatoires par l’entreprise (et parfois le salarié), il a peut-être été transformé en PER obligatoire, les cotisations du forfait social étant moins élevées (16% contre 20% pour un article 83).

D’anciens contrats oubliés

Si vous êtes encore salarié de l’entreprise, celle-ci a dû vous prévenir de la transformation de cet ancien contrat en nouveau PER. Renseignez-vous auprès de votre service du personnel ou en consultant votre compte d’épargne salariale en ligne.

De même, si vous avez quitté la société, et que votre Perco ou votre article 83 a été converti en PER d’entreprise, vous avez sans doute reçu un courrier pour vous en tenir informé. Même si votre PER entreprise n’est plus alimenté, il continue à produire des intérêts ou à être valorisé sur les marchés.

Il arrive cependant qu’au gré des déménagements, le gestionnaire perde vos coordonnées et que, de votre côté, vous avez oublié l’existence même de ce contrat. Un abonné du Revenu s’est aperçu qu’il était titulaire d’un article 83 d’un montant de 20 000 euros… alors qu’il était en retraite depuis 20 ans !

Une situation courante qui devrait de moins en moins se produire à l’avenir grâce au nouvel service «épargne retraite» accessible sur votre espace personnel du site info-retraite.fr. Il recense, depuis le mois de juillet 2022, quelque 11 millions de contrats d’épargne retraite supplémentaire non encore liquidés. Que vous soyez en activité ou retraité, allez vérifier sur ce site si vous n’êtes pas titulaire d’un PER sans le savoir.