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Déduction d'impôt : les astuces pour optimiser les versements sur votre PER en 2021

Publié le 10 novembre 2021

Le plan d’épargne retraite (PER) rentre dans la catégorie des produits de placement dits à «carotte fiscale». Les sommes que vous y versez sont déductibles de vos revenus imposables (c’est en tout cas l’option par défaut).

Attention, les sommes déductibles sont limitées. Les promoteurs du PER ont en effet institué un plafond de déduction, calqués sur ceux des Perp et des contrats Madelin (article 163 quatervicies du Code général des impôts). Ce plafond épargne retraite est reconstitué chaque année et peut être utilisé pendant quatre ans. Il peut également être mutualisé avec celui de votre conjoint.

Savoir comment consommer au mieux ces plafonds n’est pas simple ! Munissez-vous de votre avis d’imposition 2021 reçu cet été. Le Revenu vous explique les deux techniques pour optimiser vos versements.

10% des revenus N-1 après l’abattement des 10%

Si vous êtes salarié, vos cotisations sur votre PER sont déductibles à hauteur de 10% de vos revenus d’activité professionnelle de l’année N-1 (sauf cas particulier des personnes nouvellement domiciliées en France). Pour les versements en 2021, la base de calcul retenue est celle de vos revenus salariés de 2020.

Attention, il ne s’agit pas du net imposable à déclarer que vous trouvez sur votre fiche de paie de décembre, mais de vos revenus nets de frais professionnels, c’est-à-dire après la déduction forfaitaire pour frais professionnels de 10 % ou, le cas échéant, après la déduction des frais réels, montant que vous trouvez sur votre avis d’imposition.

Autre possibilité (qui peut être retenue selon les situations et si c’est si plus favorable), vos cotisations sont déductibles à hauteur de 10% du plafond annuel de la Sécurité sociale (41.136 euros en 2021), soit 4.113 euros.

Retraités et enfants à charge

C’est par défaut ce plafond de 4.113 euros qui doit être indiqué sur l’avis d’imposition de tous les contribuables dont le revenu imposable net de frais est inférieur à 41.136 euros, ou bien si vous êtes retraité (par définition, vous n’avez pas de revenus d’activité professionnelle, mais une pension), ou femme ou homme au foyer et sans revenu d’activité, ou encore pour vos enfants à charge.

Même s’il n’est pas mentionné pour vos enfants (selon les témoignages de nos lecteurs, c’est assez fréquent), chacun d’entre eux y a droit, du nourrisson à l’étudiant, au titre de membre du foyer fiscal. Rapprochez-vous, le cas échéant, de votre centre des impôts pour une rectification. Notez que le PER étant fiscalisé à la sortie, l’intérêt de souscrire un PER pour un enfant est discutable.

Un régime spécial pour les professionnels

Si vous êtes indépendant ou professionnel libéral, deux cas de figure se présentent pour déterminer le plafond de déduction pour les versements à réaliser en 2021 :

– soit 10% du montant des revenus d’activité professionnelle de 2020 nets de frais.

– soit (si c’est plus favorable) 10% de huit fois le montant annuel du plafond de la Sécurité sociale de 2020, soit 32.909 euros (10% de 41.136 euros x 8).

Optimiser le reliquat des plafonds des années antérieures

Mais ce n’est pas tout ! Outre ce plafond annuel, vous pouvez utiliser le reliquat des plafonds annuels non utilisés des trois dernières années : 2018, 2019 et 2020 (calculés respectivement sur les revenus des années 2017, 2018 et 2019).

Rassurez-vous, le fisc a travaillé pour vous et indique ces plafonds à la fin de votre avis d’imposition 2021 (sur les revenus de 2020). Vous trouverez le total des plafonds sous la dénomination «Plafond pour les cotisations versées en 2021». Vous pouvez utiliser ce plafond en totalité ou seulement partiellement.

Si vous n’avez jamais versé de cotisation sur un PER ou ses anciennes versions (Perp, Madelin ou Préfon), ce plafond sera forcément conséquent.

Attention, si votre employeur et vous-même avez procédé à des versements obligatoires sur un contrat dit «article 83», ils seront défalqués du montant total !

Savoir décoder votre avis d’imposition 2021

Imaginons que la dernière page de votre avis d’imposition se présente ainsi :

Plafond non utilisé pour les revenus de 2018… 7.000 euros

Plafond non utilisé pour les revenus de 2019… 7.000 euros

Plafond non utilisé pour les revenus de 2020… 7.000 euros

Plafond calculé sur les revenus de 2020…………. 7.000 euros

Plafond pour les cotisations versées en 2021.… 28.000 euros

Supposons que vous êtes imposable à la tranche marginale d’imposition (TMI) de 30%. Première hypothèse, vous versez sur votre PER 28.000 euros (soit la totalité de votre plafond utilisable) d’ici la fin de cette année 2021.

Vous pourrez alors déduire 28.000 euros de vos revenus et donc bénéficier d’une diminution d’impôt de 8.400 euros (28.000 euros x 30%, en supposant que la déduction de revenus ne fasse pas chuter votre TMI).

Notez qu’en toute logique, dans notre exemple, il faut payer au moins 8.400 euros d’impôts pour que l’opération soit vraiment intéressante ! Si votre déduction d’impôt est supérieure au montant de votre impôt, l’intérêt sera limité : ce n’est pas un crédit d’impôt.

De même, l’avantage fiscal sera moindre si les versements font tomber vos revenus dans la tranche d’imposition inférieure.

Optimiser vos plafonds des années antérieures

Autre hypothèse avec le même exemple : en 2021, vous décidez de verser «seulement» 10.000 euros sur votre PER. Le principe est le suivant : 7.000 euros seront déduits en priorité sur le plafond de l’année 2020, puis les 3.000 euros restants viendront s’imputer sur le plafond le plus ancien non utilisé (c’est la règle), soit dans notre exemple le plafond non utilisé de l’année 2018.

Malheureusement, le reliquat non utilisé de l’année 2018, à savoir 4.000 euros (7.000 – 3.000) ne sera pas reportable sur l’avis d’imposition de 2022 et sera définitivement perdu. Si vous ne versez «que» 5.000 euros cette année, vous perdez la totalité du plafond de l’année 2018.

C’est pourquoi, dans notre exemple, pour optimiser la déduction, il faudrait verser 14.000 euros afin de pouvoir utiliser au maximum le plafond de l’année N-3 qui, dans le cas contraire, sera perdu.

Pour résumer, les versements sur le PER au cours d’une année s’imputent en priorité sur le plafond de déduction l’année N puis, le cas échéant, sur les soldes non utilisés des plafonds de déduction des trois années précédentes en commençant par le plus ancien.

Mutualiser les plafonds avec son conjoint

Les plafonds de déduction des cotisations sur les PER sont mutualisables avec ceux de votre conjoint (et non pas avec ceux des enfants ou d’une autre personne à charge du foyer fiscal).

Même si les plafonds sont individualisés, vous pouvez imputer vos cotisations sur les plafonds non utilisés de votre conjoint. Une stratégie intéressante pour optimiser cette déduction fiscale.

Le Revenu recommande de souscrire deux PER, un par conjoint, et de les alimenter à la même hauteur (en mutualisant les plafonds le cas échéant). Notez qu’en cas de divorce même si un PER n’a été ouvert que par un seul conjoint, il devra être partagé entre les deux conjoints.

Pour mutualiser les plafonds, rien de plus simple : il vous suffira de cocher la case 6QR intitulée «Vous souhaitez bénéficier du plafond de votre conjoint» quand vous recevrez votre prochaine déclaration de revenus en avril/mai prochain.

De façon générale, il convient d’effectuer cette vérification des plafonds tous les ans à l’aide de votre avis d’imposition afin d’optimiser le montant que vous pouvez investir sur votre PER.

Enfin, cerise sur le gâteau, la baisse d’impôt dont vous bénéficiez grâce au PER n’est pas soumise au plafonnement global des niches fiscales à 10.000 euros par an et par foyer fiscal. Un détail appréciable pour les ménages qui profitent déjà d’autres réductions fiscales.