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Covoiturage, vente de biens d’occasion, … Comment sont imposés ces revenus annexes ?

Publié le 12 août 2022

Proposer du covoiturage sur Blablacar, vendre des biens d’occasion sur Leboncoin, louer son logement sur Airbnb, offrir ses services sur AlloVoisins…

Ces petits commerces sont désormais bien ancrés dans les habitudes des Français. Mais savez-vous si les revenus que vous en tirez échappent à l’impôt ou pas ? Éléments de réponse.

Covoiturage, cocooking…

Les revenus issus des activités dites de «coconsommation» (covoiturage, cocooking, sorties en mer, etc.) sont exonérés d’impôt s’il s’agit d’un strict partage des frais engagés. Conditions supplémentaires, la prestation doit être fournie entre particuliers, vous devez y participer et vous devez payer votre quote-part.

À contrario, si les revenus encaissés excèdent le partage des frais, ils sont taxables. Le fisc considère alors que vous exercez une activité commerciale lucrative, et vous devez les déclarer en tant que bénéfices industriels et commerciaux (BIC).

Précision. Si vous faites du covoiturage pour vos trajets domicile-travail et optez pour la déduction de vos frais réels, seuls les frais restants à votre charge sont déductibles.

Vente en ligne, vide-greniers…

Vous n’êtes pas non plus imposable si vous vendez vos biens personnels usagers (un vieux vélo, votre ancien téléviseur, des vêtements, etc.) de manière occasionnelle. Peu importe que les transactions aient lieu via une plateforme en ligne ou lors d’un vide-greniers.

En revanche, si vous achetez des biens pour les revendre de manière régulière, ou si vous vendez des biens que vous fabriquez, vous exercez une activité commerciale imposable en BIC. De même, si vous participez régulièrement à des vide-greniers, vous risquez d’être assimilé à un commerçant car la loi vous interdit d’en faire plus de deux par an.

Précision. Les plateformes doivent déclarer au fisc les ventes de biens d’occasion réalisées par leur intermédiaire lorsque vous effectuez au moins 20 transactions ou encaissez plus de 3.000 euros par an. Le fisc peut ainsi vérifier si vos ventes sont occasionnelles et exonérées ou habituelles et imposables. Les registres établis lors des vide-greniers permettent aussi de s’assurer que vous n’en faites pas de manière professionnelle.

Location temporaire, prestations de service…

Les règles sont différentes si vous utilisez internet pour louer votre logement ou votre voiture pour de courtes durées, ou pour proposer des services comme des travaux de bricolage. Vos revenus sont alors imposables en BIC dès le premier euro, ou en BNC (bénéfices non commerciaux) si vos prestations sont non commerciales (vous donnez des cours de yoga ou de guitare, par exemple).

Inutile d’espérer pouvoir les passer sous silence ! Les plateformes de location et de services ont aussi l’obligation de déclarer au fisc les revenus encaissés par leur intermédiaire, quels que soient leur montant et la fréquence des locations ou des prestations.

Précision. Si vous louez ou sous-louez une partie de votre résidence principale en tant que chambre d’hôte, les loyers encaissés sont exonérés d’impôt s’ils ne dépassent pas 760 euros par an. Cette exonération disparaîtra le 1er janvier 2024.