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Conflit ukrainien : comment préserver vos économies

Publié le 12 mars 2022

Comment protéger votre épargne des sanctions mises en place envers la Russie ? L’or a progressé de 13,4%* depuis l’invasion de l’Ukraine mais rien ne garantit un rebond durable.

L’évolution des cours en dent de scie lors des dernières crises géopolitiques (Corée du Nord contre Trump en 2017, invasion russe de la Crimée en 2014, attentats de Madrid et de Moscou en 2004 et 2010) rappelle que le métal jaune ne prospère plus automatiquement en période de tension.

Et le bitcoin ? Il est parfois présenté comme de «l’or numérique». Mais, compte tenu de sa volatilité extrême, il est plus un objet de pure spéculation qu’une valeur refuge.

Placements : diversifiez davantage

Pour traverser le conflit Ukrainien, la solution la plus efficace consiste à diversifier davantage vos placements. Conserver d’abondantes liquidités s’impose aussi. Avec des prix qui progressent de plus de 3% en rythme annuel, le coût de détention du cash est élevé mais au moins votre argent est à l’abri de la baisse des principaux actifs.

Mieux, le moment venu, vous disposerez des moyens nécessaires pour saisir des opportunités qui ne manqueront pas de se présenter.

Immobilier, assurance vie, Bourse : nos conseils pour protéger votre épargne

En immobilier, poursuivez vos projets si vous disposez de la visibilité requise sur le plan personnel et professionnel. On n’achète ou on vend un logement pour répondre à un besoin qui évolue (mariage, naissance, divorce) pas en fonction de la situation géopolitique. Autre bonne raison de ne pas modifier vos plans : la pierre, dotée d’une valeur refuge, rassure en période de crise. En outre, comme les loyers sont indexés sur la hausse des prix, elle protège bien de l’inflation.

En assurance vie aussi, gardez le cap. Le pourcentage d’actifs russes et ukrainiens détenus par les assureurs français s’élève à moins de 0,03%, selon France Assureurs (ex-Fédération française de l’assurance). Ne modifiez pas votre allocation d’actifs.

Appliquez la stratégie «60 – 40» du Revenu. Elle est bien adaptée au contexte perturbé actuel. Nous vous en rappelons le principe : 60% d’assurance vie traditionnelle dite «en euros» avec garantie sur le capital et «effet cliquet» sur les gains et 40% d’unités de compte investies en actions pour doper le rendement dans la durée.

Nous confirmons notre objectif : vous faire gagner 4%, en moyenne sur huit ans et plus.

La constance est souvent rémunérée

En Bourse aussi, faites le dos rond. Seuls les investisseurs peu averses au risque peuvent se montrer contrariants et réaliser des achats à bon compte quand le CAC 40 est dans la zone des 6.000 points. Nous ne sommes pas les seuls à déceler déjà de bonnes affaires.

«La phase actuelle nous semble propice pour commencer à revenir progressivement sur les actions. Nous pensons que la zone entre 3 800 et 3 650 sur l’Euro-Stoxx est intéressante (6.550 et 6.400 sur l’indice CAC 40), de même que celle de 4.000/3.900 sur l’indice S&P 500», écrivaient fin février les stratégistes de OFI. Didier Bouvignies, directeur des gestions chez Rothschild & Co AM Europe est sur la même longueur d’onde. Il note : «au cours des 19 évènements géopolitiques survenus depuis 1945, dans 78% des cas, les marchés redevenaient positifs au bout de trois mois».

En période de crise, il est tentant de mettre à l’abri la totalité de ses économies sur des supports à capital garanti. C’est une erreur. Parce que vous avez toutes les chances d’arbitrer trop tard, à contre-courant. Parce ce qu’un patrimoine se pilote avec doigté, pas en donnant des grands coups de barre, dans une direction puis dans l’autre.

La guerre en Ukraine rebat les cartes mais les règles d’or du succès en placements perdurent : de la patience, de la constance, et un peu de chance.


*Évolution du cours du lingot en euros entre le 23 février (veille de l’invasion) et le 9 mars.