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«Comment protéger mon patrimoine de l’inflation ?» Nos conseils à Carole

Publié le 05 février 2022

Comme des millions de Français, Carole peste contre les mesures sanitaires. Pour compenser l’absence de voyages lointains (Covid oblige), elle s’est lancée à corps perdu dans le sport : vélo, aviron et course à pied.

Pour ses prochaines vacances, elle envisage une longue randonnée sur le chemin de Compostelle. Avant, espère-t-elle, rendre visite l’été prochain à son frère expatrié près de Montréal.

Cadre dans la grande distribution, Carole n’est pas du genre à bronzer au soleil les doigts de pied en éventail. Son caractère bien trempé est une force dans un secteur d’activité réputé difficile. Sur la route, trois jours sur cinq, elle supervise une dizaine de magasins bio dans les Hauts-de-France. Un poste exigeant avec des rapports humains parfois musclés mais qui lui plaît. Chassée à trois reprises en 2021 par des concurrents, elle n’a pas donné suite préférant jouer la carte de la fidélité à son actuel employeur dans l’espoir d’une promotion qu’elle espère imminente.

La gestion de ses finances personnelles ne l’a jamais vraiment intéressée. Si elle a contacté Le Revenu c’est parce que l’argent s’accumule sur son compte courant et qu’elle aimerait bien le faire fructifier. Cette surépargne s’explique par un moindre niveau de dépenses lié à la crise sanitaire, une prime de son entreprise et une donation récente de ses parents.

Pour lui apporter des réponses personnalisées à ses préoccupations patrimoniales, nous avons analysé ses revenus, dépenses, actifs et dette. Conclusion : elle peut atteindre ses objectifs financiers, mais des décisions doivent être prises. Vite.

Préconisation n°1 : renforcer la Bourse

Carole n’a pas commis de graves erreurs de gestion jusqu’ici. Mais la composition de son patrimoine est perfectible. Le poids des livrets bancaires et de l’assurance vie en euros notamment est trop élevé.

Notre abonnée apprécie la sécurité et la liquidité de ces placements vedette. Elle a bien noté l’érosion des rendements mais elle n’y a pas accordé plus d’importance que cela. Si elle doit réagir c’est parce que l’inflation accélère (+2,9% sur un an en janvier selon l’Insee) et qu’elle grignote le pouvoir d’achat de son épargne. La solution consiste à diversifier le patrimoine en augmentant le poids des actions à 40%, contre moins de 5% aujourd’hui.

Carole n’aime pas la Bourse qu’elle assimile à un casino. Nous lui expliquons que dans la conjoncture actuelle, il n’y a pas d’alternative si elle souhaite profiter d’un taux de rémunération satisfaisant pour son épargne. Pour limiter les risques après un millésime 2021 exceptionnel pour les actions françaises (progression du CAC 40 à deux chiffres), elle doit arbitrer par étape, à raison de 5.000 euros par mois par exemple. Elle évitera ainsi d’investir au plus haut, ce que font encore trop de particuliers.

En 2022, Le Revenu accorde la priorité aux entreprises leaders dans leur secteur qui ont les moyens d’augmenter le prix de leurs produits. Il lui reste à consulter les bancs d’essai du Revenu Hebdo pour connaître les titres à acheter aujourd’hui.

Préconisation n°2 : investir dans un pied à terre à la montagne

Bien gérer son patrimoine, c’est aussi acheter ce qui n’est pas cher. Aujourd’hui, vous pouvez emprunter à moins de 1% sur quinze ou vingt ans. Le crédit est clairement un actif bon marché. Pourquoi ne pas en profiter pour se faire plaisir. Passionnée de ski et de randonnée en altitude, Carole rêve depuis des années d’être propriétaire d’un pied à terre à la montagne. C’est le moment de réaliser son projet. Pour un deux pièces aux Arcs, sa station préférée, le budget à prévoir est de quelque 300.000 euros.

Avec un apport de 200.000 euros et un crédit de 100.000 euros sur dix ans, l’opération est jouable sur le plan financier. Nous l’incitons à négocier l’absence de pénalités en cas de remboursement anticipé (cela ne coûte rien et peut toujours servir) et à préférer les Arcs 2000 aux Arcs 1600 ou 1800 afin de profiter d’un meilleur enneigement.

Le réchauffement climatique réduit l’épaisseur du manteau neigeux. Elle doit en tenir compte, comme tous les investisseurs à la montagne. Pour couvrir les frais d’entretien et de chauffage (plus de 5.000 euros par an), Carole pourrait louer le deux-pièces en meublé quand elle ne l’occupe pas en confiant la gestion locative à une agence locale.

Préconisation n°3 : optimiser la fiscalité des placements

Dernier dossier incontournable à l’approche de la cinquantaine : la préparation de la retraite. Notre amie est propriétaire de son logement. Aujourd’hui, il lui arrive de fulminer contre les charges de copropriétés et la taxe foncière qui ne cessent d’augmenter. Mais, dans quinze ans, quand ses revenus seront divisés par deux, elle sera contente de ne pas devoir décaisser chaque mois un loyer pour se loger.

Pour une stratégie retraite réussie, elle doit maintenant avoir une idée plus précise du montant de sa future pension. Nous l’invitons à se connecter à info-retraite, le site officiel de la retraite. Elle y découvrira une estimation de ses retraites de base et complémentaire en fonction de différents scénarios de fin de carrière. Elle en déduira le complément de revenu à mettre en place.

Pour se doter d’un capital retraite, le choix de l’enveloppe fiscale est essentiel. Le plan d’épargne retraite (PER) est souvent recommandé. Dans le cas de Carole, nous préférons l’assurance vie et surtout le plan d’épargne en action (PEA), plus souples et moins taxés sur les gains.

On oublie trop souvent que l’avantage fiscal à l’entrée du PER – vos versements sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite de 10% de votre salaire annuel net de frais professionnel – n’est en fait qu’un report d’imposition car les sommes exonérées sont taxées à la sortie.

Carole remercie Le Revenu pour la qualité de ses préconisations.   


Les leçons à tirer de cette étude de patrimoine

L’immobilier et les actions d’entreprises capables d’augmenter leurs prix mettent votre épargne à l’abri de l’érosion monétaire et de la perte de pouvoir d’achat qui va avec.

PEA, PEE et assurance vie constituent des enveloppes à fiscalité privilégiée qui vous permettent de ne payer «que» 17,2% de prélèvements sociaux sur vos gains (sous condition).