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Bitcoin, NFT : l’appétit grandissant des Français

Publié le 17 février 2022

2021 a bouleversé la donne des cryptos.

De l’accumulation de records au plongeon spectaculaire du bitcoin (-35% depuis le plus haut historique de début novembre), en passant par les NFT – ces jetons non fongibles, sorte de droits de propriété sur des objets numériques – ou l’adoption du bitcoin par un pays, le Salvador, comme monnaie ayant cours légal, l’année écoulée a largement contribué à démocratiser le phénomène.

Selon le cabinet KPMG, qui voit dans cet essor des cryptos la révolution d’un «internet de la valeur», pas moins de 292 millions de personnes utilisent (novembre 2021) des cryptos à l’échelle mondiale. Soit une population quasiment multipliée par quatre en un an (+275 %).

Et les Français n’échappent pas à la tendance. Selon une étude réalisée par Ipsos pour le compte de l’Adan, l’association pour le développement des actifs numériques, et KPMG, 76% des Français ont déjà entendu parler des cryptomonnaies et 15% des NFT.

Plus surprenant, 8% déclarent avoir déjà investi dans les cryptos, qu’il s’agisse de cryptomonnaies ou de jetons. Un niveau inattendu qui serait supérieur à la proportion des détenteurs d’actions en direct ! Selon l’AMF, 6,7% des Français détiennent des actions sans passer par des fonds ou des Sicav.

La méthode de l’étude, réalisée fin 2021 d’après d’un échantillon interrogé exclusivement par ordinateur, a-t-elle pu aboutir à un gonflement artificiel par rapport à la population réelle ? Pas impossible.

La France reste toutefois assez loin des Etats-Unis. Outre Atlantique, 16% de la population s’y essayent, avec une proportion qui grimpe à 31% chez les 18-29 ans. En France, cette part atteint 12% chez les moins de 35 ans.

12% des Français fin 2022 ?

Mais, le décalage pourrait ne pas durer. Selon l’étude, le nombre de détenteurs français pourrait bondir de 50% d’ici à fin 2022 pour atteindre 12% à 13%.

Car si 24% des personnes interrogées ne connaissent pas le sujet et 39% n’ont pas prévu d’en acquérir, pas moins de 37% déclarent avoir l’intention de le faire ou être déjà passé à l’initiative.

Ces derniers repasseront-ils à l’acte ? La réponse est nuancée. Alors que 69% de ceux qui n’en ont pas encore acquis se porteraient sur le bitcoin en cas d’achat, ceux qui en ont déjà en portefeuille ne sont plus que 49% à vouloir s’exposer davantage…

Sont-ils déçus par l’expérience ou se sont-ils déjà tournés vers d’autres solutions cryptos, plus récentes et plus prometteuses ? Le débat n’est pas tranché.

Seulement 32,5% de positions gagnantes

S’intéresser aux cryptoactifs ces derniers mois – 69% des détenteurs français se sont engagés dans la démarche depuis moins de trois ans – ne leur a sans doute épargné ni de fortes émotions, ni un sérieux coup de canif dans leur investissement.

Suite au plongeon récent, «seuls 32,5% des personnes ayant acheté des bitcoins affichent des positions gagnantes par rapport à leur prix de revient», souligne Vincent Boy, analyste marché chez IG France. Ce qui signifie qu’une large majorité des 827 milliards de dollars de capitalisation du bitcoin a été acquise à des prix bien plus élevés. Et génère pour les détenteurs des moins-values latentes. Pas vendu, pas perdu ?

Autre motif de déception, la promesse du bitcoin comme réserve de valeur, décorrélée des autres actifs financiers – et donc, à ce titre, susceptible de protéger contre les dérives des banques centrales qui font tourner la planche à billets -, n’a clairement pas été tenue. En ce début 2022, jamais la corrélation avec les marchés d’actions traditionnels (Nasdaq, S&P 500), près de 0,6, n’avait été aussi élevée… Le bitcoin ne lutte pas contre la volatilité des marchés, il l’accompagne.