7 novembre 2019
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La volatilité des marchés financiers s’est accrue ce dernier trimestre : elle reflète l’incertitude ambiante quant aux questions géopolitiques (guerre commerciale sino-américaine, Brexit, tensions au Proche et au Moyen-Orient…) et les préoccupations quant au montant croissant de dettes publiques et privées avec des taux négatifs (près de 18 000 000 000 000 (oui, 18 000 milliards !) d’euros – tout de même !).

Dans ce nouveau numéro de notre lettre financière, Valérie Plagnol, membre du Haut Conseil des Finances Publiques, analyse cette drôle de crise et explore deux questions fondamentales : où est passée l’inflation ? Que faire des rendements obligataires négatifs et que peuvent encore les banques centrales ?

Pour les épargnants, comment réagir dès lors sur leurs portefeuilles dans cet environnement agité ? C’est ce que nous verrons à travers une série d’indicateurs des marchés financiers permettant de mieux appréhender l’évolution de nos supports en unités de compte ainsi que via la palette de réponses concrètes et originales que nous proposons pour investir avec sérénité sur les marchés actions.

 


Au sommaire de notre lettre financière…

  1. La drôle de crise – Analyse macroéconomique
  2. Les indicateurs des marchés financiers
  3. Les solutions pour votre portefeuille dans cet environnement agité

 

La drôle de crise

Valérie Plagnol, Économiste – Membre du Haut Conseil des Finances Publiques, octobre 2019

Le monde se prépare-t-il à la crise ?

Au regard de la volatilité croissante des marchés, on pourrait le croire. Les indicateurs économiques ont continué de marquer le pas au cours de l’été. Les banques centrales des États-Unis et de la zone euro ont repris le chemin de l’accommodement monétaire.

Au moment où nous rédigeons ces lignes, les questions de géopolitique dominent l’actualité et accroissent l’incertitude et l’attentisme général.

  • Les hauts et les bas de la négociation commerciale entre les États-Unis et la Chine rythment l’humeur des marchés.
  • En Europe, les modalités du Brexit restent incertaines et la menace d’une sortie sans accord plane sur l’activité économique de part et d’autre du Channel.
  • Plus récemment, la résurgence des tensions et des conflits au Proche et au Moyen Orient ont provoqué une remontée des prix du pétrole.

 

Du point de vue des épargnants, le fait le plus marquant reste le montant croissant de dettes publiques et privées portant désormais des taux négatifs.

Depuis notre précédente lettre, l’activité économique générale a continué de ralentir.

Le fait le plus marquant tient en ce que les États-Unis tendent à converger vers le reste du monde. Le commerce mondial de biens se replie par rapport à l’an passé.

  • Les indicateurs de confiance du secteur manufacturier continuent de signaler une contraction de l’activité, notamment dans le secteur automobile. La croissance américaine pourrait ralentir sous les 2 %, l’Allemagne pourrait connaître une récession technique – définie comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. La production industrielle en Chine est en net recul. En revanche, et comme nous l’avions déjà souligné, le secteur des services continue de résister. De même, l’emploi progresse encore un peu partout dans les économies développées et le taux de chômage est retombé sous les niveaux d’avant-crise. Cette dynamique, essentiellement domestique, soutient la consommation et assure une croissance encore positive.
  • Notons que les services dominent partout l’activité économique. Le secteur industriel ne représente plus que 13 % à 17 % des économies développées en moyenne. Cette nouvelle dynamique change probablement le regard que l’on doit porter sur la conjoncture.
  • Elle n’anéantit pas pour autant les principes du cycle économique. Après les années de reprise, celui-ci est bien en phase de repli. Cette situation peut s’avérer temporaire, alors que s’amorce une nouvelle phase dans la transformation technologique et la transition climatique. L’ampleur du ralentissement à venir reste néanmoins difficile à apprécier.

 

Nous explorons deux questions qui taraudent la communauté des économistes : où est passée l’inflation ? Que faire des rendements obligataires négatifs et que peuvent encore les banques centrales ?

 

Depuis les années 70 et la « stagflation », l’inflation n’a cessé de ralentir.

La généralisation de l’indépendance des banques centrales, qui adoptèrent des objectifs – implicites ou explicites – d’inflation, a contribué à cette tendance.

  • Rappelons l’action vigoureuse d’un Paul Volker à la tête de la Réserve Fédérale des États-Unis entre 1979 et 1987.
  • À partir des années 90, l’ouverture croissante du monde après la chute du mur de Berlin et l’émergence de la Chine comme « atelier » du monde, tandis que l’Europe s’élargissait, ont largement accentué ces tendances, grâce notamment à une augmentation des investissements, des échanges et de la concurrence.
  • Plus remarquable encore, les pays émergents – à l’exception notable aujourd’hui de la Turquie ou de l’Argentine – connaissent également une nette et constante décélération des pressions inflationnistes.

 

Au total, et hormis des périodes d’accélération des prix du pétrole – avant la crise de 2008 – l’inflation n’a fait que reculer dans le monde. Une bonne nouvelle pour nos porte-monnaies et notre pouvoir d’achat en somme.

 

Depuis la crise de 2008 et la récession qui s’ensuivit, le phénomène s’est poursuivi, et cela sans grande surprise au regard de la montée générale du chômage. Plus surprenant néanmoins, est que même depuis que la reprise de l’activité se confirme, que l’emploi repart, créant même des poches de tensions et de pénurie de compétences, on ne constate pas de tensions sur les salaires au point de se traduire dans les prix.

Plusieurs raisons ont été avancées à cela :

  • la mollesse de la reprise ;
  • le remplacement des générations ou effet de noria (c’est-à-dire le départ à la retraite des générations des baby-boomers, mieux payés, et l’entrée des « millenials » moins bien rémunérés, puisqu’en début de carrière) ;
  • un partage moins favorable de la valeur entre le capital et le travail du fait notamment de l’affaiblissement du pouvoir de négociation des travailleurs ;
  • les pressions de la concurrence et la productivité apportée par les nouvelles technologies…

 

Bref, c’est la courbe de Philipps qu’on assassine ! Cette courbe établit un lien inverse entre emploi et inflation. Plus le marché du travail se tend, plus les pressions sur les prix augmentent du fait de la hausse tendancielle des salaires. Or, la « réponse » de ces facteurs s’avère de plus en plus diffuse et moins marquée ces dernières années, au point de remettre en cause la validité du modèle tout entier.

 

De leur côté, alors qu’elles ont déversé sur l’économie des masses monétaires considérables depuis la crise – jusqu’à 35 % du PIB des pays développés – les banques centrales n’ont que partiellement enrayé le ralentissement général du crédit, qui a certes repris mais, pour certains analystes, à des rythmes encore insuffisants. 

 

La politique monétaire ultra accommodante menée ces dernières années ne semble plus pouvoir apporter des réponses satisfaisantes.

C’est d’ailleurs au sein même de ces institutions que naissent de vifs débats, opposant partisans de la normalisation monétaire et tenants de la poursuite de l’accommodement.

  • Dans un premier temps, la baisse des taux d’intérêt directeurs et surtout la mise en œuvre d’une politique d’achats d’actifs, ont permis d’atténuer l’impact de la récession et de la crise du crédit.
  • Mais à mesure que le temps passe, les banques centrales sont devenues en quelque sorte les concurrentes des autres investisseurs institutionnels – telles que les compagnies d’assurance – acheteurs traditionnels de dettes publiques sans risque.
  • Ainsi, alors que les dettes ont globalement augmenté depuis la crise (dette des entreprises américaines et chinoises, dette des États), l’épargne reste largement abondante et en quête de placements plus sûrs.

 

Ainsi la politique des banques centrales a-t-elle contribué à cette tendance. Une aubaine pour les emprunteurs, c’est certain.

 

On évalue désormais dans le monde l’encours de dettes portant un rendement négatif à près de 18 000 milliards de dollars.

  • En Europe, c’est le cas notamment de la dette allemande, française ou encore néerlandaise, et ce pour des maturités allant jusqu’au-delà de 15 ans.
  • On peut noter que même la Grèce a pu emprunter sur des maturités plus courtes certes, à taux négatif.

 

C’est pour les épargnants un casse-tête renouvelé. D’autant que le durcissement des règles prudentielles contraint les investisseurs à maintenir d’importants achats d’actifs sans risque.

 

Alors comment expliquer cette disparition ? Et d’ailleurs, est-elle définitive ?

  • Pour certains, c’est la « japonisation » de l’économie qui est à l’œuvre, une tendance inexorable à la baisse des prix, du fait du vieillissement de la population. De plus, la lutte contre le réchauffement climatique ne pourra se concrétiser que dans une décroissance malthusienne.
  • Mais pour d’autres, la conjoncture actuelle, marquée par des tendances de fond comme le vieillissement de la population et le ralentissement de l’investissement, n’est que temporaire. Selon ces derniers, les États pourraient et même devraient profiter de la baisse des coûts de la dette et prendre une part plus active au soutien de l’activité en accroissant significativement leurs investissements dans les infrastructures notamment. Une relance massive de la dépense publique serait le moyen de combattre la désinflation. La proposition est tentante, elle est vigoureusement débattue par ceux qui contestent le bien-fondé de l’interventionnisme public et qui s’appuient pour cela sur l’exemple japonais (une dette de 240 % du PIB et une croissance anémique sans inflation).
  • Enfin, il y a ceux qui détectent les premiers signes d’une remontée des prix du fait de l’apparition de tensions salariales accrues et de la modification du partage de la valeur là où la main d’œuvre manque. L’apparition des nouvelles entraves tarifaires au commerce pourrait alors déclencher un mouvement plus large de hausse des prix.

 

Le débat n’est certes pas tranché. Il place néanmoins l’épargnant dans une position inconfortable et devant des choix difficiles. Le passage en taux négatif de la dette contraint les investisseurs à diversifier leurs portefeuilles et à prendre plus de temps pour obtenir un rendement positif. L’équilibre des fonds gérés justifie de tels arbitrages.

 

En attendant, on ne voit pas comment l’on pourrait échapper à de nouvelles baisses de rémunération des fonds en euro.


Indicateurs économiques et financiers

Actions

=> Les marchés actions sont en hausse généralisée sur toutes les zones géographiques depuis le début de l’année.

  • L’impact est donc positif sur tous les fonds actions et diversifiés qui sont exposés à ces marchés.
  • L’impact est également positif sur les COP Actions en général.

 

L’indice actions Stoxx Europe 600 Oil & Gas est en hausse depuis le début de l’année mais de manière moins importante que les autres marchés boursiers. Cette progression de l’indice sous-jacent se traduit par une hausse des valeurs des COP Energie (qui profitent également de la baisse des primes de risque de crédit (spread) des émetteurs financiers).

Taux

=> Les taux français et européens sont en baisse depuis le début de l’année suite aux interventions des banques centrales mondiales. Le taux d’emprunt de l’État français reste en territoire négatif.

L’impact est donc positif sur la valorisation des fonds diversifiés et obligataires.

  • Le taux CMS 5 ans américain perd 112 points de base pour atteindre désormais 1,52 %, ce qui est négatif pour la valorisation en dollar des COP Taux US.
  • Le taux CMS 5 ans USD est désormais nettement sous le seuil (2,65 % ou 2,75 % selon les générations) à partir duquel le produit peut rapporter.
  • La valorisation des COP Taux US est positive depuis le début de l’année (la baisse des primes de risque de crédit financiers et la hausse du dollar par rapport à l’euro compensant plus que la baisse du taux sous-jacent du produit : le CMS 5 ans USD).
Spread

=> Les primes de risque de crédit ont largement baissé depuis le début de l’année et ce, particulièrement, pour les émetteurs financiers.

  • Après avoir fortement augmenté en 2018, les spreads de crédit des entreprises industrielles et financières ont baissé respectivement de -0,32 % et -0,89 %.
  • La valorisation des obligations d’entreprises et financières a donc augmenté ce qui impacte de manière importante tous les fonds majoritairement investis sur ces actifs i.e. les fonds obligataires, les fonds patrimoniaux et les fonds diversifiés.

 

La conjugaison de la baisse des taux sans risque et des primes de risque de crédit a conduit a une appréciation sensible de la valorisation des fonds obligataires à échéance Horizon 2025 et Horizon 2027. Pour ceux qui souscrivent ces fonds sur les niveaux de valorisation actuels, l’espérance de rendement cible à maturité du fonds Horizon 2027 est proche de 2,3 % nets des frais de gestion du fonds et celui du fonds Horizon 2025 est désormais proche de 2,0 % nets des frais de gestion du fonds.

Pétrole, dollar, inflation

=> Le pétrole est en hausse depuis le début de l’année mais l’impact sur l’inflation française n’est pas notable (l’inflation atteint 0,9 % en rythme annuel). Le dollar américain s’échange contre l’euro à des niveaux plus élevés (proche de 5%) de celui du début de l’année.

 


Les solutions pour votre portefeuille dans cet environnement agité

Thibault Guénée, Directeur Innovation Produits – Marketing – Communication – Digital, Le Conservateur, novembre 2019

 

À quoi est due la réduction des rendements des fonds euros ?

L’environnement de taux bas, qui fait aujourd’hui couler beaucoup d’encre, ne date pas d’hier. Il est né de la crise de 2008, face à laquelle les banques centrales ont mis en place des politiques monétaires accommodantes pour lutter contre la récession et l’inflation trop basse.

Ces politiques monétaires accommodantes se sont manifestées :

  • dans un premier temps, par une baisse des taux d’intérêt ;
  • puis, par le rachat d’obligations par les banques centrales (assouplissement quantitatif ou quantitative easing) ; dans l’objectif de relancer le crédit aux entreprises et particuliers et favoriser la consommation et l’investissement.

 

Comment en sommes-nous arrivés là ?

La politique monétaire expansionniste des banques centrales, qui maintiennent leurs taux directeurs très bas depuis des années, explique, pour une bonne part, la situation. D’autre part, des facteurs géopolitiques telle la guerre commerciale États-Unis/Chine font peser de lourdes incertitudes sur l’économie mondiale et incitent les investisseurs à opter pour les dettes souveraines des pays développés, jugées plus sûres.

 

Nous avons retracé ci-dessous les évolutions conjointes du taux d’emprunt d’État français à 10 ans et du rendement du fonds en euros du marché de l’assurance-vie sur les 30 dernières années.

 

Cela signifie que les États sont désormais rémunérés pour émettre de la dette sur les marchés financiers. Une aubaine pour eux, leur permettant d’alléger le poids de leur dette. Une aubaine aussi pour les emprunteurs particuliers, en atteste le niveau des taux des crédits immobiliers. En revanche, cela l’est moins pour l’épargnant… Car concrètement, cela signifie que ce dernier paie pour détenir un titre de dette publique (emprunt d’État) ou privée (obligation d’entreprise).

Or, les fonds euros classiques des contrats d’assurance-vie sont majoritairement investis en obligations publiques ou privées (autour de 85 % selon l’étude « Les comptes en 2018 de l’assurance » de la Fédération Française de l’Assurance).

Dans le contexte actuel de taux très bas voire négatifs, leur rendement fond donc comme neige au soleil.

 

Face à cela, l’heure est plus que jamais à la gestion à horizon… et à la diversification !

Dans un contexte de volatilité des marchés, nous recommandons de combiner gestion à horizon déterminé et diversification en unités de compte.

Stratégie mise en place par Le Conservateur depuis plus de 10 ans, au lendemain de la crise de 2008 et de la baisse des taux qui s’ensuivit, elle se décline en une pluralité de solutions uniques :

  • Nos contrats d’assurance-vie multisupports répondent aux objectifs de vie et de réalisation de projets de nos clients
    • Leur part en fonds euros, de moins en moins rémunérée, est utilisée comme une poche de liquidité permettant notamment de préserver la stratégie de gestion à horizon déterminé de la part en unités de compte.
    • Au sein de la part en unités de compte, nous proposons des produits s’adaptant aux horizons de placement souhaités ainsi qu’aux différents profils de risque de nos clients, via notamment :

 

  • La Tontine permet de valoriser et de diversifier un patrimoine à horizon déterminé, en bénéficiant d’une gestion évolutive confiée à nos gérants. Son échéance fixe apporte à ces derniers une liberté et une souplesse de gestion uniques, leur permettant d’opter pour des investissements à long terme, en se positionnant aux moments opportuns sur les marchés financiers.
  • D’autres approches innovantes enrichiront dans les mois à venir notre offre de placements pour permettre à nos clients de piloter et diversifier leur épargne selon leurs objectifs et leur profil de risque.

 

Horizon retraite !

Dans un contexte où les prévisions relatives aux régimes de retraite continuent de se dégrader, l’anticipation de ce moment clé permet à nos clients de maintenir leur niveau de vie, via une palette de solutions personnalisée déterminée par leur conseiller, intégrant dispositions juridiques et financières.

En complément de la Tontine et de nos contrats d’assurance-vie et dans le cadre de la loi PACTE, nous avons élargi notre offre produit avec Conservateur Épargne Retraite, un contrat d’épargne retraite souple dans un cadre fiscal attractif.

 

La presse en parle…

  • Les Echos du 14 octobre 2019 mettent en lumière la gamme innovante Conservateur Double Opportunité. A découvrir ici.
  • Le Revenu consacre une double page de son numéro spécial d’octobre 2019 à la Tontine (« pour doper son pouvoir d’achat face à l’inflation »), ainsi qu’à l’accompagnement que Le Conservateur offre à ses clients en matière d’ingénierie patrimoniale. Lire l’article complet.