22 octobre 2020
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Présentation de Valérie Plagnol

Avec l’automne, est arrivée une deuxième vague d’infections qui touche particulièrement l’Europe. Du fait de l’augmentation du nombre de tests, la reprise des activités et la mesure de la gravité du phénomène restent difficile à apprécier et l’on sent une certaine lassitude dans les opinions.

La pandémie a été l’occasion de recourir à des outils de mesure en temps réel de l’activité. Réconcilier les modèles statistiques traditionnels avec le big data reste un défi encore complexe.

 

 

 

Sur le plan économique, les réunions d’automne du FMI et de la Banque Mondiale sont l’occasion de la publication de leurs prévisions semestrielles. Celles-ci témoignent du risque languissant sur l’activité économique, alors que l’encours des dettes publiques augmente globalement.

A la veille des élections présidentielles américaines, nous prenons le temps de faire le point sur l’état de l’économie du pays.

Parmi les facteurs d’incertitude de court terme, il ne fait aucun doute que l’élection américaine pèse d’un poids conséquent sur les marchés.

De pugilats télévisuels entre les deux candidats, en débats à distance, puis à la contamination du Président, les rebondissements n’ont pas manqué au cours des dernières semaines de la campagne électorale américaine.

La confusion et les polémiques sont telles que même les analystes les plus avertis n’osent se fier aux sondages pour prédire l’issue de l’élection. Jamais depuis bien longtemps le poids des indécis n’aura été aussi déterminant. Mais par définition, cette frange flottante de l’électorat est particulièrement difficile à saisir. Le système de scrutin – indirect – et la répartition des grands électeurs comme les menaces de contestation qui ne manqueront pas du fait de l’importance du vote par correspondance, fragilisent les procédures de dépouillement, et pourraient bien contribuer à prolonger le suspens bien au-delà de novembre.

En attendant, l’économie devrait encore s’imposer comme l’arbitre de cette campagne. Si c’est bien le cas, sur quels critères les électeurs jugeront-ils les candidats ?

  • Le Président sortant peut certainement se prévaloir de la croissance de l’économie et de la baisse du chômage – en tout cas jusqu’à la pandémie. En revanche, les sondages montrent qu’une majorité d’américains juge désastreuse la gestion de la pandémie par l’Administration sortante.
  • De son côté, Joe Biden se présente comme l’héritier et le défenseur de l’Obamacare, qui fait désormais consensus dans le pays. Mais auto-proclamé candidat de l’apaisement, il se trouve pris entre deux feux. Trop timoré aux yeux de son aile gauche, il fait tout de même peur à Wall Street, qui craint la remontée de la fiscalité.

Or, quel que soit le vainqueur, il se retrouvera face à un déficit budgétaire de plus de 3 000 milliards de dollars, et à un endettement public qui devrait avoisiner les niveaux atteints durant la Seconde Guerre Mondiale !

Ceci veut dire que le prochain Président risque d’être celui de l’austérité avant tout, un programme peu alléchant, surtout pour ceux qui attendaient la relance des plans d’infrastructure promis depuis si longtemps.

Au bout du compte, les marchés semblent préférer une issue claire et tranchée, quelle qu’elle soit, à tout suspens et batailles judiciaires qui ne feraient qu’entacher la légitimité du prochain Président, et de son Administration.

 

Article rédigé le 19 octobre 2020 par Valérie Plagnol, Économiste et Membre du Haut Conseil des Finances Publiques