Le conservateur

Actualités Le Revenu

Zone euro : la croissance en danger

Publié le 26 novembre 2021

La nouvelle vague de Covid va-t-elle gâcher la reprise économique en zone euro ?

Indicateurs avancés de la croissance de l’activité, les indices PMI reflétant la confiance des entreprises de l’Union monétaire sont ressortis en hausse en novembre, allant même jusqu’à dépasser les anticipations des économistes.

Le rythme ralentit

«Le PMI meilleur qu’attendu montre que l’économie de la zone euro a continué sur la voie d’une reprise rapide au début du quatrième trimestre. Bien sûr, le rythme ralentit, mais il est néanmoins encourageant de constater que les difficultés d’approvisionnement et la hausse des prix n’ont pas empêché l’économie de maintenir une croissance tonique», constate Bert Colijn, économiste chez ING.

Mais tous les secteurs d’activité ne sont pas logés à la même enseigne.

Sans surprise, l’enquête conduite par IHS Markit entre le 10 et le 19 novembre montre que la croissance de l’industrie manufacturière est pénalisée par le secteur automobile, qui aligne une troisième baisse mensuelle consécutive de sa production.

En revanche, les rythmes d’expansion sont particulièrement élevés dans les sous-secteurs des équipements technologiques, des boissons, de l’alimentation et des biens d’équipement de la maison.

Dans les services, où l’indice PMI se retrouve à un plus-haut de trois mois, la situation reste favorable, sauf pour les activités du tourisme et des loisirs qui peinent à se redresser en raison de la résurgence des cas de Covid-19.

Mais l’embellie conjoncturelle pourrait perdre en intensité avec la hausse exponentielle des contaminations dans plusieurs pays européens.

Nouveaux tours de vis en Europe

«Le regain d’expansion du secteur des services risque de s’avérer éphémère si la détérioration de la situation sanitaire conduit à l’introduction de nouvelles restrictions», alerte Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit.

Déjà, des mesures de restrictions sanitaires ont été prises à différents degrés, plus particulièrement en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Irlande.

Et ce durcissement des mesures de protection, s’il s’étend à l’ensemble des pays membres de la zone euro, pourrait même entraîner une contraction de l’activité au quatrième trimestre, comme l’anticipent les économistes d’UBS dans un scénario des plus pessimistes, alors que les experts de la banque suisse tablaient initialement sur une croissance trimestrielle de 0,8% sur la période.

Crainte inflationniste

Dans ce contexte sanitaire compliqué, marqué en outre par la crainte d’une inflation plus durable que prévu, la Banque centrale européenne marche sur des œufs pour tenter de maintenir la stabilité financière.

Pour l’instant, un consensus semble établi au sein du conseil des gouverneurs pour mettre fin au programme spécifique de rachats d’actifs PEPP (pandemic emergency purchase programme) en mars prochain malgré la progression actuelle des cas de Covid.

Rendez-vous est pris le 16 décembre, date du prochain comité de politique monétaire, pour savoir si la BCE adoptera une position un peu moins accommodante.