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Succession : quatre décisions à prendre vers 65 ans

Publié le 10 novembre 2021

À 65 ans, vous êtes nombreux à avoir réorganisé votre patrimoine pour disposer chaque mois des revenus complémentaires que vous estimez avoir besoin en fonction de votre niveau de vie et du montant de votre pension issue des régimes obligatoires.

C’est l’âge idéal pour entamer une réflexion sur l’étape d’après, la transmission, hors impôts de préférence. Quatre décisions à prendre vers 65 ans pour déshériter le fisc.

Immobilier locatif : vendez vos biens les moins rentables

La pierre constitue un excellent placement mais il faut savoir en sortir quand l’âge avance et que la gestion d’un bien locatif en direct devient trop pesante. Autre bonne raison de vendre l’immobilier locatif le moins rentable vers 65 ans : les revenus fonciers sont très taxés (jusqu’à 58,2% voire plus) quand vous n’avez plus ni travaux ni intérêt d’emprunt à déduire.

Enfin, la pierre se transmet mal : un appartement n’est pas divisible entre héritiers. Alléger l’immobilier d’investissement ne veut pas dire vendre l’immobilier d’habitation. Résidences principale et secondaire doivent être conservées jusqu’au bout.

Assurance vie : alimentez vos contrats à hauteur de 152.500 euros par bénéficiaire

En assurance vie, l’âge charnière est 70 ans. Les sommes versées avant 70 ans échappent à toute forme de taxation dans la limite de 152.500 euros par bénéficiaire et ne sont taxées qu’à hauteur de 20 ou 31,25% au-delà contre jusqu’à 60% en ligne indirecte dans le cadre d’une succession classique.

Les sommes versées après 70 ans ne sont exonérées qu’à hauteur de 30.500 euros pour tous les bénéficiaires : un régime bien moins favorable. C’est pourquoi, vous devez faire le plein d’assurance vie avant 70 ans, par exemple en réinvestissant le produit de la vente de vos biens immobiliers.

Donations : faites le plein d’abattements

Chaque parent a le droit de donner hors impôts à chaque enfant 100.000 euros, plus 31.865 euros de sommes d’argent s’il a moins de quatre-vingts ans et que l’enfant est majeur. Les deux abattements se renouvellent tous les quinze ans. En réalisant une première salve de donations quelques jours avant vos 65 ans, vous vous donnez la possibilité d’en réaliser une seconde à 79 ans et onze mois.

Un couple avec un enfant peut ainsi transmettre hors impôts en quinze ans et quelques jours 527.460 euros. Le double avec deux enfants et ainsi de suite. Bien sûr, ne vous démunissez pas trop vite. Conservez de quoi financer une éventuelle dépendance.

Placements en actions : arbitrez le PEA au profit du compte-titres

Le décès du titulaire d’un plan d’épargne en actions (PEA) entraîne sa clôture et le paiement des prélèvements sociaux sur les gains qui peuvent se monter à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le fonctionnement du compte-titres en cas de disparition est plus favorable car aucun prélèvement n’est dû sur les plus-values latentes.

Tout se passe comme si le décès gommait les plus-values sur le plan fiscal. Une différence de taille par rapport au PEA qui peut justifier de privilégier le compte-titres pour vos investissements boursiers après 65 ans. Bien sûr, avant de clôturer votre PEA, sortez votre calculette et assurez-vous que l’opération est intéressante pour vous.