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Retraite : les 5 critères clés pour maximiser votre pension

Publié le 09 décembre 2021

Exercer ses droits à la retraite ne peut pas se faire sur un coup de tête. C’est un processus administratif complexe et un profond changement de vie, qui requiert de votre part de la préparation.

Vous devez maîtriser les critères clés de calcul de votre future pension.

1- Connaître les conditions du taux plein

Le candidat à la retraite ambitionne toujours de maximiser sa pension en obtenant le «taux plein», qui reste une notion décisive du régime français de retraite et permet d’obtenir le «maximum» possible. L’âge du taux plein se situe bien souvent au-delà de l’âge «légal» de la retraite qui est actuellement fixé à 62 ans.

Ce dernier signifie qu’il faut dans le cas général, hors cas particuliers, avoir atteint l’âge de 62 ans pour pouvoir faire valoir ses droits à la retraite. Certaines personnes peuvent toutefois atteindre cet âge légal avant 62 ans, notamment en cas de carrière longue, de handicap ou d’invalidité professionnelle. Autre situation spécifique, les personnes qui sont déclarées inaptes au travail peuvent aussi atteindre l’âge légal indépendamment de leur durée d’assurance au régime de la retraite.

Le taux plein est donc un objectif pour les affiliés des grands régimes de base du système, qu’ils soient salariés du secteur privé ou agricole dans le régime général, fonctionnaires de l’Etat ou des collectivités locales ou hospitalières, travailleurs indépendants ou professions libérales. Les statistiques du Ministère des Solidarités et de la Santé montrent d’ailleurs que les deux tiers des nouveaux pensionnés partent à la retraite dès qu’ils atteignent le taux plein.

Mais ceux qui ont fait des études supérieures longues ou qui ont travaillé sur certaines périodes à l’étranger voient le taux plein s’éloigner bien au-delà de l’âge légal de 62 ans, et dans de nombreux cas il n’est atteignable qu’à l’âge de 67 ans auquel le taux plein est accordé automatiquement, indépendamment de la durée de cotisation à la retraite effectuée.

Les personnes qui ont accompagné un proche dépendant ou handicapé, qu’il soit enfant ou adulte, peuvent revendiquer le droit de bénéficier du taux plein à partir de 65 ans, si elles ont été affiliées à l’assurance vieillesse des parents au foyer. Cet âge minimum de 65 ans est aussi requis pour l’obtention du taux plein pour certaines professions libérales, comme les experts-comptables par exemple.

2 – Bien calculer ses trimestres acquis

Pour pouvoir anticiper une date prévisionnelle de départ à la retraite, vous devez bien calculer votre nombre de trimestres de cotisation à la retraite. Dans ce qu’on appelle le régime de base, et notamment dans le régime général des salariés du privé, il joue un rôle déterminant. Le système de retraite en France connaît des évolutions et des réformes récurrentes. La dernière en date, toujours en vigueur, est celle de 2014, le projet de réforme initié pendant la mandature du Président Macron ayant été abandonnée en cours de route.

La réforme de 2014 exige 167 trimestres de cotisation du candidat à la retraite né en 1959 ou 1960 s’il veut obtenir le taux plein dans sa pension de base. Ce chiffre passe à 168 pour les personnées nées en 1961, 1962 et 1963, et va jusqu’à 172 trimestres pour celles nées en 1973 ou après. Autrement dit, si vous voulez partir avant l’âge requis pour le taux plein, vous devez avoir atteint l’âge légal des droits et accepter une minoration de votre pension.

Mais vous pouvez aussi poursuivre votre activité porfessionnelle jusqu’à l’âge de votre taux plein ou jusqu’à 67 ans, qui permet l’attribution automatique du taux plein. Une autre possibilité consiste à «racheter des trimestres».

3 – Evaluer le coût d’un rachat de trimestres

Vous devez donc vérifier le nombre de trimestres qui sont pris en compte dans votre estimation de retraite, fournie par l’Assurance retraite à tous les cotisants de plus de 50 ans. Il comprend tous les trimestres cotisés, et les trimestres qui ont pu être obtenus soit par une majoration spécifique soit lors d’une situation particulière.

Cela peut inclure les périodes de maladie, de maternité, de service national, de chômage ou du chômage partiel indemnisé dans le cadre de la crise sanitaire à partir du 1er mars 2020. Sous certaines conditions, les parents ayant élevé un enfant handicapé peuvent demander une majoration de 8 trimestres. Depuis 2015, là encore sous conditions, une majoration comparable est possible pour les «aidants» qui accompagnent un proche (conjoint, parent) lourdement handicapé.

Pour racheter des trimestres, vous devez d’abord obtenir préalablement un aval du régime général de retraite sur le constat d’années incomplètes qui totalisent moins de quatre trimestres cotisés ou d’années d’études supérieures prouvées avec des justificatifs. Vous pouvez racheter l’équivalent de trois ans de trimestres de cotisations, pas davantage, ce qui représente un total de douze trimestres.

Il paraît difficile de s’engager dans une telle démarche si on n’est pas relativement proche des échéances, ou si on ne dispose pas d’une bonne visibilité sur son plan prévisionnel de départ à la retraite. Et celle-ci a bien sûr un coût, à partir de 3.500 euros par trimestre et jusqu’à 4.450 euros minimum pour un salarié de 61 ans par exemple. Le calcul coût / opportunité doit être effectué au cas par cas en fonction de la situation personnelle.

Le coût du rachat de trimestres peut être amorti en fonction de la pension additionnelle qu’il génèrera, qui requiert au moins plusieurs années. Mais les rachats de trimestres sont déductibles du revenu imposable de l’année au cours de laquelle ils sont effectués. Et pour ceux qui disposent d’une retraite complémentaire conséquente, à l’avantage fiscal s’ajoute un atout complémentaire, car les retraites complémentaires s’alignent sur le taux de calcul du régime de base, sans débours additionnel.

Donc l’opération peut être financièrement pertinente. Mais elle doit être étudiée longtemps à l’avance. Car il faut anticiper aussi les délais de traitement administratif des régimes de retraite.

4 – Anticiper une décote ou une surcote

Lorsque le droit à la retraite est exercé avec un nombre insuffisant de trimestres par rapport au montant requis, la pension de base subit une décote, qui a en outre un impact sur le calcul de la retraite Agirc Arrco. Dans certains cas, le cumul des deux décotes peut atteindre plus de 2% par trimestre manquant.

Mais pour estimer l’opportunité de maintenir l’activité professionnelle et de repousser le départ à la retraite pour éviter cette décote, il faut évaluer la probabilité du risque de malus Agirc Arrco. Depuis janvier 2019, celui-ci touche les personnes, nées en 1957 ou après, qui font valoir leurs droits à la retraite dès l’obtention du taux plein. Ce malus temporaire est de 10% sur une période de trois ans. Certaines catégories sont exclues : personnes inaptes, handicapés, aidants familiaux, etc. Pour l’éviter, on peut décaler sa date de départ d’un an par rapport à la date d’obtention du taux plein.

Il est recommandé de ne pas mener sa réflexion seul et de solliciter les conseils des interlocuteurs de l’assurance retraite et des institutions de prévoyance qui gèrent les régimes complémentaires. Par ailleurs, depuis la mise en place du dispositif Sarkozy de cumul emploi-retraite, une reprise de travail post-retraite est possible pour compenser momentanément l’absence de taux plein. Tout dépend de la perte de revenu générée. Elle est plus sensible pour les cadres supérieurs.

Le principe du malus Agirc Arrco a une «contrepartie» : il peut déclencher un bonus provisoire d’un an, de 10% sur la retraite complémentaire si deux années supplémentaires d’activité professionnelle sont effectuées au-delà de l’âge du taux plein (et de 20% dans le cas de trois années de travail supplémentaire).

Dans le cas inverse, la surcote, provenant d’une durée plus longue d’activité et de cotisation aux régimes obligatoires, sera du même ordre de grandeur, d’environ un peu plus de 1% pour chaque trimestre supplémentaire cotisé au-delà de l’âge légal ou du taux plein, ce qui revient à près à une bonification de 5% par an. Mais à partir du moment où on a atteint le taux plein, le rendement marginal du surplus d’activité professionnelle est plus faible.

5 – Estimer la majoration pour enfants

Les mères de famille peuvent bénéficier de huit trimestres attribués pour chaque enfant né avant 2010. Pour un enfant né à partir de 2010, quatre des huit trimestres sont obtenus sous conditions et peuvent être partagés avec le père. Par exemple, une mère de deux enfants qui travaille depuis l’âge de 24 ans peut atteindre le taux plein lors de son 62ème anniversaire, car elle obtient une majoration de 16 trimestres avec ses deux enfants.

Mais il peut aussi y avoir des majorations de pension attribuées aux deux parents qui ont eu ou éduqué trois enfants ou plus. La retraite de base comme la retraite complémentaire sont alors majorées de 10%. La majoration Agirc Arrco est toutefois plafonnée à 2.110 euros par an. Le dispositif a été élargi au-delà des enfants directs du foyer. Il peut inclure les enfants d’une précédente union, sous certaines conditions, sous réserve que le total atteigne toujours au moins 3 enfants.