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Quelle est la rentabilité de vos placements sur 40 ans ?

Publié le 29 avril 2022

+14,7 % par an : c’est ce vous auraient rapporté vos placements si vous aviez acheté des actions françaises en 1981 et si vous étiez resté investi sur une période de quarante ans (1981-2021).

Sur cette longue période, le taux de rendement interne (TRI) des actions françaises cotées en Bourse devancent les sociétés foncières françaises cotées, au deuxième rang, avec +12,6% par an, selon l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF), un centre d’études indépendant créé en 1986.

+10% par an sur 40 ans pour l’immobilier parisien

Heureux propriétaires parisiens, le logement à Paris arrive en troisième position (+10,7 % par an depuis 40 ans). Les SCPI d’immobilier d’entreprise (+8,7 %) distancent ensuite d’une courte tête les emprunts d’État à 10 ans (+8,2 %). Puis viennent les fonds en euros de l’assurance vie (+6,7 %), le Livret A (+4,1%) et l’or, le grand dernier (+3,7%).

Rappelons que leur performance est mesurée par le taux de rendement interne (TRI) c’est-à-dire les plus-values et dividendes ou autres revenus (loyers, etc.) nets de frais d’achat.

«L’inflation moyenne sur la période étant de 2,5%, tous les placements ont dégagé un taux de rentabilité interne supérieur à l’inflation», souligne Pierre Schoeffler, conseiller de l’IEIF.

Mais il rappelle que «l’inflation a atteint jusqu’à 13 à 14% par an en début de période avant de décroître jusqu’en 2020». D’où des rendements qui peuvent paraître très élevés par rapport aux taux actuels, notamment sur les fonds euros (+1 à 2 % pour les meilleurs contrats aujourd’hui) ou au Livret A (+1%).

L’immobilier moins fluctuant que les actions

Les actions l’ont emporté au terme d’une année 2021 brillante pour cette classe d’actifs. Un an avant, à fin 2020, la photo-finish de quarante ans de placement les plaçait pourtant à égalité avec les foncières. Les deux font encore match nul sur trente ans à fin 2021.

Mais sur vingt ans, toutes les catégories de l’immobilier sont en tête, suivies de l’or qui affiche un TRI de +8,1%.

Quant aux actions, elles sont moins fières avec un TRI de +5,7%. «Les différentes catégories d’immobilier n’ont pas toutes le même score mais sur très longue période, elles se rejoignent. C’est le foncier qui fait le prix», souligne Pierre Schoeffler.

Histogramme rentabilité de vos placements sur 40 ans

Taux annuels de rentabilité interne de placements effectués en 1981 et débouclés en 2021 prenant en compte les frais de transaction à l’entrée et les revenus générés durant la période de 40 ans se terminant fin 2021

Mondialisation et baisse de l’inflation, moteurs des 40 dernières années

«Les moteurs de la performance des actifs durant ces trente à quarante dernières années ont été la mondialisation heureuse des économies et la baisse de l’inflation», affirme Pierre Schoeffler. Cette décrue des taux a soutenu la croissance et favorisé les actions et les sociétés endettées comme le sont souvent les foncières. «Les sociétés foncières recourent systématiquement à un effet de levier financier qui amplifie la performance de l’immobilier d’entreprise en période de baisse des taux d’intérêt, ce qui explique leur bon positionnement», relève le conseiller de l’IEIF.

Mais la crise de 2008 et ses secousses les années suivantes, la pandémie de Covid-19 et, à présent, la guerre en Ukraine ouvrent une ère plus agitée. Déjà pénalisées par les difficultés du commerce et la récente remontée des taux, les sociétés foncières s’inscrivent en recul sur cinq ans. «Le risque de faible croissance et d’inflation élevée est important», prévient Pierre Schoeffler.

Quid des 40 prochaines années ?

«Les quarante prochaines années risquent d’être marquées par un environnement économique mondial très différent, marqué par la démondialisation, les échéances climatiques et le vieillissement de la population», ajoute-t-il. De quoi modifier les comportements des différents placements. Une chose est sûre, l’épargnant gagne toujours à diversifier ses avoirs et à raisonner sur le long terme.