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«Où placer 2.000 euros par mois ?» Nos conseils à Vincent

Publié le 25 septembre 2021

Vincent (1) fait partie de ces Français qui gagnent très bien leur vie.

A tout juste 35 ans, il touche chaque mois 6.000 euros nets d’impôt. Cette confortable situation financière tranche avec un patrimoine beaucoup plus limité. Le jeune homme possède moins de 50.000 euros et il vient à peine d’acquérir sa résidence principale, 100% à crédit.

«Je n’épargne sérieusement que depuis début 2020, date à laquelle je me suis d’ailleurs abonné au Revenu. Avant, mon salaire était plus faible et il partait essentiellement en soirées, vacances et autres dépenses plaisir».

Résidence principale, assurance vie et PEA

En un an et demi, Vincent s’est plongé dans la matière patrimoniale et il a fait les choses biens. Avec sa compagne, ils ont acquis leur premier logement en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) en proche banlieue parisienne et devraient pouvoir l’habiter en avril prochain. Ils ont emprunté la totalité de la somme. Un choix pertinent compte tenu du niveau actuel des taux d’intérêt.

Notre jeune abonné a également ouvert plusieurs assurances vie et un plan d’épargne en actions (PEA). Il investit sur ces différents supports plus de 2.000 euros chaque mois.

Le patrimoine de Vincent

Livrets 10.000 euros
Assurance vie en euros 5.000 euros
Assurance vie en UC 23.000 euros
PER 1.500 euros
PEA 7.000 euros
Total 46.500 euros

Ces choix sont globalement judicieux. Il mise sur différents fonds et trackers bien diversifiés à l’international. Il a mis à profit le krach boursier de mars-avril 2020 pour acheter quelques actions françaises (Total, LVMH, Kering) à bon compte mais ne souhaite pas se plonger plus avant dans le stock-picking pour le moment.

Trop de Bourse ?

Au global, Vincent consacre aujourd’hui 90% de son épargne mensuelle à des placements risqués (essentiellement de la Bourse et un peu d’immobilier via des SCI).

Nous préférons le mettre en garde contre une telle stratégie. L’investissement en actions est un excellent placement de long terme mais il n’en demeure pas moins aléatoire.

L’incroyable hausse des marchés depuis le printemps 2020 ne doit pas aveugler le néo investisseur. L’histoire boursière est faite de crises, parfois très violentes. Ainsi, une fois n’est pas coutume, nous conseillons à Vincent de réduire un peu la voilure sur les actions.

Epargne de précaution

Son épargne de précaution est actuellement un peu juste compte tenu de son train de vie. Les 15.000 euros qu’il détient sur un Livret A et des fonds en euros représentent moins de trois fois son salaire mensuel.

Grossir la partie garantie de son patrimoine semble d’autant plus importante que ses charges sont amenées à augmenter au cours des prochains mois. Le remboursement du prêt immobilier débutera au printemps prochain ce qui augmentera le poids du poste logement de 800 euros par mois. Le couple prévoit également d’avoir un enfant prochainement ce qui ne manquera pas de réduire leur capacité d’épargne. Dans ces conditions, diminuer le poids des placements risqués à 60-70% de l’épargne totale serait plus raisonnable.

Vincent entend nos arguments et prévoit d’ajuster ses versements mensuels au profit de ses (nombreux) fonds en euros.

répartition avant après

Défiscalisation soft

En dépit d’un haut niveau de taxation – le couple paie plus de 16.000 euros d’impôt sur le revenu par an -, le jeune homme ne cherche pas à réduire à tout prix sa facture fiscale.

Les programmes de défiscalisation immobilière de types Pinel ou Denormandie ne l’attirent pas.

Il effectue en revanche quelques petits versements sur un plan d’épargne retraite. Etant donné son jeune âge et son taux marginal d’imposition (TMI) de 30%, nous lui recommandons de ne pas aller plus loin. L’argent placé sur un PER est bloqué jusqu’à la retraite, un horizon très lointain quand on a 35 ans. Le placement deviendra plus intéressant d’ici une dizaine d’année, surtout si, entre temps, le TMI de Vincent franchit le seuil des 41%.

Parmi les autres solutions de défiscalisation existantes, nous suggérons à notre abonné d’envisager d’investir dans des FIP/FCPI dès lors que son patrimoine aura pris de l’ampleur, ce type de placement très risqué ne devant pas représenter plus de 5% de son épargne totale.

Enfin, l’investissement locatif avec travaux pourrait aussi lui permettre de réduire sa facture fiscale grâce au mécanisme dit du déficit foncier (les dépenses de certains travaux peuvent être déduites du revenu global) mais Vincent n’est, pour le moment, pas très à l’aise avec l’idée de gérer une location.

Notre couple de trentenaire prévoit par ailleurs d’avoir recours aux services d’une nounou à domicile pour la garde de leur futur enfant. A ce titre, il bénéficiera sans doute du crédit d’impôt maximal de 6.750 euros. Or cet avantage fiscal entre dans le calcul du plafonnement global des niches fiscales qui limite le montant total défiscalisable à 10.000 euros par an et par foyer fiscal. Les autres programmes de défiscalisation que Vincent pourrait mettre en œuvre ne devront donc pas excéder 3.250 euros (l’épargne retraite et le mécanisme du déficit foncier ne sont toutefois pas concernés par ce plafonnement).

Les leçons à retenir :

– La Bourse est un excellent moyen de se construire un patrimoine sur le long terme mais il s’agit également d’un investissement risqué qui ne doit pas représenter la quasi-totalité d’une épargne naissante.

– Les solutions de défiscalisation doivent être maniées avec prudence et ne peuvent représenter, à elles seules, un argument d’investissement.


(1) Le prénom a été modifié. Les chiffes ont été arrondis et simplifiés pour une meilleure lisibilité.