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Monde : une reprise économique à deux vitesses

Publié le 24 septembre 2021

La reprise se confirme… tout en s’essoufflant. Après un plongeon de 3,5% l’an dernier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit un rebond de 5,7% du PIB mondial cette année, contre une anticipation de 5,8% établie en mai dernier.

Ses experts relèvent néanmoins de 4,4 à 4,5% leur prédiction pour 2022 et se félicitent que «le PIB global soit aujourd’hui supérieur à son niveau d’avant la pandémie». Reste que «des écarts de production et d’emploi subsistent dans de nombreux pays, surtout dans les marchés émergents et les économies en développement où les taux de vaccination sont faibles».

De fait, le variant Delta a eu un impact économique bien plus important dans les pays peu vaccinés, entraînant notamment des reconfinements (Australie, Inde…) qui ont un peu plus perturbé des chaînes d’approvisionnement déjà sous tension à cause du fort rebond de la demande.

Ralentissement aux États-Unis

Bien que demeurant un moteur de la reprise, les États-Unis font partie des pays dont les perspectives se sont le plus dégradées. L’OCDE a réduit de 0,9 point sa prévision de croissance pour 2021, à 6%. L’institution a tout de même rehaussé de 0,3 point celle pour 2022, à 3,9%, tablant notamment sur les projets d’investissements de Joe Biden dans les infrastructures pour donner un nouveau coup de fouet à l’économie.

Malgré un fléchissement de la consommation et de l’industrie en Chine, l’institution y prévoit toujours 8,5% de croissance en 2021 et 5,8% en 2022.

La bonne surprise du dernier rapport de l’OCDE vient de la zone euro: sa croissance devrait accélérer à 5,3%, contre 4,3% estimés en mai. Le moindre impact du variant Delta sur l’union monétaire et les plans de soutien des gouvernements redonnent des couleurs à la conjoncture. Ils ont notamment empêché une flambée du chômage, qui s’élevait à 7,6% en juillet, contre 7,4% en février 2020.

Les révisions sont particulièrement marquées pour trois poids lourds du Vieux Continent: la France (+0,5%, à 6,3%), l’Espagne (+0,9%, à 6,8%) et l’Italie (+1,4%, à 5,9%). Première économie de la région, l’Allemagne pâtit en revanche des difficultés de son industrie, notamment automobile. L’OCDE voit aujourd’hui son PIB croître de seulement 2,9% cette année, contre 3,3% en mai.

Inflation temporaire

Face à cette reprise inégale, Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE, enjoint les banques centrales à ne pas retirer trop vite leur soutien monétaire, malgré le renforcement des tensions inflationnistes. «La hausse des prix à la consommation devrait atteindre un pic dans les pays du G20 vers la fin de l’année, puis ralentir l’an prochain», avance-t-elle.

À l’instar de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne, l’institution basée à Paris privilégie la thèse d’une hausse des prix temporaire causée par les difficultés d’approvisionnement et l’énergie. Une spirale inflationniste durable nécessiterait de fortes hausses de salaires, ce que l’OCDE ne constate pas pour le moment en dehors de certains secteurs à la peine comme la restauration et l’hôtellerie.

L’organisation s’attend à 3,3% d’inflation cette année aux États-Unis et à 2,7% l’an prochain, contre 2,9% et 2,1% en Allemagne et 1,9% et 1,5% en France.