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Livrets : vers une hausse du taux du LEP dès le 1er novembre ?

Publié le 19 octobre 2021

Ce mardi matin sur France Info, François Villeroy de Galhau a été interrogé sur la faiblesse du taux du Livret A dans un contexte d’augmentation de l’inflation.

Le gouverneur de la Banque de France en a profité pour mettre en avant un autre produit d’épargne réglementée, le Livret d’épargne populaire (LEP) qui est, lui, «complètement garanti contre l’inflation». Concernant d’éventuelles hausses de taux, il a renvoyé les auditeurs à la date du 1er février, rappelant que de telles décisions se prennent «deux fois par an, au 1er février et au 1er août».

Une déclaration qui n’est pourtant pas tout à fait exacte.

Quatre fois par an

La Banque de France est bien tenue de calculer les taux des différents livrets deux fois par an, le 15 janvier et le 15 juillet, pour une mise en application le 1er février ou le 1er août (sauf décision contraire du ministre de l’Économie).

Mais elle peut aussi, de son propre chef, suggérer au gouvernement de modifier la rémunération du Livret A ou du LEP à deux autres moments de l’année comme l’indique un Arrêté du 27 janvier 2021 : «Au 15 avril et au 15 octobre de chaque année, si la Banque de France estime que la variation de l’inflation ou des marchés monétaires le justifie, le gouverneur de la Banque de France peut proposer au ministre chargé de l’économie de réviser les taux (…), au 1er mai ou au 1er novembre. A cette fin, il transmet un courrier au ministre chargé de l’économie, dans les quatre jours ouvrés suivant le 15 avril ou le 15 octobre.»

En théorie, François Villeroy de Galhau pourrait donc encore prendre cette initiative jusqu’au 21 octobre prochain. Le changement serait alors effectif dès le 1er novembre.

Le Livret A n’est pas concerné car l’application de la formule de calcul servant à déterminer sa rémunération ne fait pas ressortir un taux supérieur au 0,5% actuellement en vigueur.

1,5% en novembre ?

Le Livret d’épargne populaire aurait en revanche tout à gagner d’un mouvement du gouverneur de la Banque de France. Le taux de rendement du LEP doit en effet être égal au chiffre le plus élevé entre le taux du Livret A augmenté de 0,5 point (soit 1% actuellement) et l’inflation en France, hors tabac (1).

Or, cette dernière ressort actuellement à 1,47% ce qui justifierait une revalorisation de la rémunération du LEP de 1% actuellement à 1,5%.

Un tel coup de pouce serait en outre cohérent avec les propos de François Villeroy Galhau qui a regretté, au micro de France Info, que ce produit ne soit pas assez souscrit par les épargnants qui y sont éligibles (revenu fiscal ne dépassant pas 20.016 euros pour une personne seule). Quel meilleur moyen d’en faire la promotion que de fixer son taux à un niveau trois fois supérieur à celui du Livret A ?

Hausses probables en février

Si la revalorisation n’a pas lieu au 1er novembre, elle sera probablement mise en œuvre au 1er février 2021. Elle devrait alors être encore plus conséquente. Si l’inflation, actuellement à 2,1%, se maintient à ce niveau aux cours des trois prochains mois, elle atteindrait une moyenne semestrielle de 1,88%.

Le taux du LEP pourrait alors être augmenté à 1,9% !

De son coté, la rémunération du Livret A pourrait bénéficier d’une revalorisation et grimper à 0,60 voire 0,70%.


(1) Le taux d’inflation retenu correspond à la moyenne semestrielle de la variation sur les douze derniers mois connus de l’indice INSEE mensuel des prix à la consommation, hors tabac, de l’ensemble des ménages (série : 001763852).