Le conservateur

Actualités Le Revenu

France : le spectre de la récession

Publié le 03 juin 2022

L’économie française bat de l’aile. Au premier trimestre, le produit intérieur brut a reculé de 0,2% tandis que le pouvoir d’achat des ménages s’est replié de 1,8% selon les dernières estimations de l’Institut national de la statistique.

Sans doute faut-il mettre cette mauvaise conjoncture sur le compte de la crise sanitaire, et plus particulièrement sur la vague omicron qui a mis hors service bon nombre d’actifs sur la période.

Les heures travaillées ont reculé sous l’effet de la très forte augmentation du recours aux arrêts maladie, freinant ainsi la progression du salaire moyen par tête.

Une fiscalité en hausse

Alors qu’ils étaient secoués par le énième soubresaut de la pandémie, les Français ont subi par ailleurs un vif redressement des prélèvements fiscaux (+3,6%).

«La taxe d’habitation a rebondi mécaniquement après sa baisse au trimestre précédent tandis que les impôts sur le revenu acquittés par les ménages ont accéléré nettement» précise l’Insee.

Si l’on ajoute à cela un zest d’inflation (+1,3%), la baisse du pouvoir d’achat des ménages a eu un impact important sur les dépenses de consommation, en recul de 1,5%.

Cela aurait pu être pire sans le recours à l’épargne dont le taux s’est replié, passant de 17% au quatrième trimestre 2021 à 16,7% sur les trois premiers mois de l’année.

Parmi les principaux secteurs touchés par la baisse de la demande, l’Insee pointe notamment les matériels de transport dont l’automobile (-2,3%), les autres biens manufacturés (-2,1%) et l’hébergement-restauration (-3,9%).

Si les Français se sont serré la ceinture, les administrations publiques, quant à elles, ont bien soutenu la demande, affichant une consommation en hausse de 0,2% et des investissements en progression de 1,8%.

De leur côté, les entreprises non financières ont relancé leurs investissements (+0,4%).

Globalement, ce dynamisme de la formation brute de capital fixe (+0,6%) a été porté, entre autres, par l’investissement en services informatiques et d’information-communication (+2,7%) et en biens d’équipement (machines-outils, matériel informatique…) en hausse de 4,8%.

Forte augmentation des prix

Après ce mauvais départ, la France voit son acquis de croissance pour 2022 se réduire comme peau de chagrin, tombant de 2,4% estimé en avril dernier à 1,9% aujourd’hui.

Et ce repli inattendu de l’activité au premier trimestre relance le scénario d’une récession, déjà évoquée par plusieurs économistes.

En effet, la hausse des prix devrait encore peser sur les dépenses de consommation des ménages en l’absence de mesures publiques de soutien ou de revalorisations salariales.

En mai, l’indice des prix à la consommation a progressé de 5,2% sur un an en raison de l’accélération des prix de l’énergie, des services, de l’alimentation et des produits manufacturés.

Et les premières statistiques du deuxième trimestre confirment le repli de la consommation de ménages qui est ressortie en baisse de 0,4% en avril.