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Europe : révision en baisse de l'activité

Publié le 20 mai 2022

Changement de ton à Bruxelles. Pris à contrepied par la guerre en Ukraine et le troisième choc pétrolier, les experts de la Commission européenne ont dû revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour l’Union européenne (UE) et à la hausse leurs anticipations d’inflation.

Dans un rapport publié le 16 mai, les économistes ont tiré un trait sur les précédentes perspectives, celles «d’une expansion solide et prolongée».

Pas d’anticipation de récession

Les modèles économétriques mis au point par les prévisionnistes n’ont pas résisté au choc exogène provoqué par les conséquences du conflit armé entre l’Ukraine et la Russie  juste au moment où l’Union se remettait des conséquences économiques de la pandémie

Pour autant, l’anticipation d’une récession n’est pas à l’ordre du jour malgré le ralentissement de l’activité observé au premier trimestre. En glissement trimestriel, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’UE est passée de 0,5% au dernier trimestre 2021 à 0,4% en ce début d’année. Avec cependant des disparités importantes d’un pays à l’autre. L’Allemagne a affiché 0,2% de croissance, la France a stagné tandis que l’Italie a reculé de 0,2%.

Plusieurs éléments positifs

Dans ce contexte marqué par une forte incertitude liée à l’enlisement de la guerre en Ukraine, les économistes de la Commission ont tout de même mis en avant des éléments positifs pouvant soutenir l’activité dans les prochains mois : «Le PIB de l’UE devrait rester positif tout au long de la période de prévision, sous l’effet combiné des réouvertures post-confinement et des mesures fortes prises par les pouvoirs publics pour soutenir la croissance durant la pandémie.»

En effet, la consommation des ménages devrait tenir le choc grâce à la fin des restrictions sanitaires, à l’amélioration du marché du travail, à une accumulation d’épargne moins forte et à des mesures budgétaires visant à compenser la hausse des prix de l’énergie. De côté des entreprises, les investissements devraient bénéficier du déploiement des 672 milliards d’euros du programme européen pour la reprise et la résilience, mis en place en février 2021 et disponible jusqu’en fin d’année 2026.

Ainsi, la croissance du PIB dans la zone euro, est désormais estimée à 2,7% pour 2022 et à 2,3 % pour 2023, contre, respectivement, 4,0 % et 2,8 % initialement annoncés dans les prévisions intermédiaires de l’hiver 2021.

Pic d’inflation

Du côté de la hausse des prix pesant suer le pouvoir d’achat des ménages, la Commission prévoit un pic d’inflation à 6,9% au deuxième trimestre avant de diminuer progressivement lors des prochains mois pour atteindre une moyenne de 6,8% en 2022. L’accalmie devrait se poursuivre l’an prochain avec une prévision d’inflation à 3,2%. Cependant, ces estimations pourraient être fortement modifiées en cas d’interruption de l’approvisionnement en gaz russe.