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États-Unis : priorité à la stabilité des prix

Publié le 14 janvier 2022

Jerome Powell, le président de la Fed, serait-il le meilleur ami des Bourses américaines, comme l’a été Mario Draghi pour les marchés européens lorsqu’il était à la tête de la Banque centrale européenne ?

Alors que les investisseurs se perdaient en conjectures devant l’embardée des prix aux États-Unis, «JPow», comme le surnomme son fan-club sur Twitter, a tout fait pour les rassurer.

Lors de son audition devant le Sénat, dans le cadre de sa nomination à un second mandat de quatre ans, il a confirmé que la Fed s’apprêtait à entamer la normalisation de sa politique monétaire.

Inflation persistante

À ses yeux, l’économie américaine, en phase de reprise, n’a «plus besoin et ne veut plus» de politiques ultra-accommodantes, justifiées jusqu’à présent par la crise sanitaire. Certes, l’inflation plus persistante que prévu fait peser «une menace grave» sur la reprise du marché de l’emploi, mais il a promis de mettre tout en œuvre pour empêcher celle-ci de s’enraciner. «Si nous devons relever les taux davantage sur la durée, nous le ferons.» Et d’assurer : retrouver une stabilité des prix est «en haut de la liste des priorités».

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, Jerome Powell a aussi indiqué que la Fed pourrait commencer à réduire cette année la taille de son bilan, lesté de 8.770 milliards de dollars d’obligations, soit un doublement depuis mars 2020, en cessant de racheter les titres venant à échéance. Tous ces propos amènes ont été bien accueillis par les marchés d’actions. L’indice Dow Jones se situe maintenant à moins de 2% de son record (36.953 points, le 4 janvier). Et le Nasdaq, qui avait perdu ces dernières semaines jusqu’à 10% par rapport à son plus haut, campe de nouveau au-dessus des 15.000 points.

Relèvements en série

Dans ces conditions, le marché anticipe au minimum trois relèvements d’un quart de point du principal taux directeur de la Fed, maintenu dans une fourchette de 0 à 0,25% depuis le 15 mars 2020. Ce qui le porterait dans une marge comprise entre 0,75% et 1%. La première hausse pourrait être décidée à la mi-mars, lors de la réunion du Comité de politique monétaire, et les suivantes en juin et en septembre, avant trois autres en 2023.

Cette trajectoire n’a toutefois pas été du goût du marché obligataire. Le rendement des emprunts d’État à 10 ans s’élève désormais à 1,83%, son plus-haut depuis janvier 2020.

«L’étude de situations analogues nous enseigne que les marchés d’actions américains traversent relativement bien les périodes de hausse des taux de la Fed jusqu’à ce que celle-ci retire des liquidités des marchés (c’est la réduction de la taille de son bilan) ou bien que les taux à 10 ans ne passent sous les taux à 2 ans, signal précurseur de récession», analyse Vincent Guenzi, directeur de la stratégie chez Cholet-Dupont.

En tout état de cause, «si l’économie se redresse avec l’extinction de la pandémie, les taux courts et longs ne resteront pas au niveau actuel. Cela valide notre hypothèse de remontée des taux longs vers 2% cette année, en supposant que l’inflation refluera à partir du printemps