Le conservateur

Actualités Le Revenu

Epargne retraite : ce qui se cache derrière le succès du PER ?

Publié le 02 juin 2022

Mois après mois, l’engouement pour le plan d’épargne retraite (PER), lancé en octobre 2019 dans le cadre de la loi Pacte, ne tarit pas. Selon les chiffres de France Assureurs publiés ce 1er juin 2022, on compte 108 000 nouveaux souscripteurs à un PER assurance sur le seul mois d’avril 2022 et près de 592 000 assurés supplémentaires depuis janvier, en quatre mois à peine.

Un très bon début d’année pour un placement habituellement souscrit en fin d’année en raison de son avantage fiscal.

A fin avril 2022, au total, 3,2 millions de Français ont versé dans leur PER assurance plus de 39 milliards d’euros. Il faut y ajouter les 1,75 million de PER collectifs (14,8 milliards d’euros d’encours) comptabilisés par l’AFG fin 2021.

Ainsi, au total, on estime à près de 5 millions le nombre d’épargnants équipés. Comment expliquer un tel succès ? Le Revenu soulève le voile en six points clés.

Des chiffres dopés par les transferts

Il faut le reconnaître, parmi ces quelque 5 millions de PER, une part non négligeable provient de transferts d’anciens produits d’épargne retraite (contrats Madelin pour les indépendants, Perp pour les salariés et Perco ou « articles 83 » dans le cadre d’une entreprise). « Sur les 3,2 millions d’assurés détenant un PER assurance fin avril 2022,

1,4 million relèvent d’un transfert », confirme ainsi Franck Le Vallois, directeur général de France Assureurs. On compte quand même 1,8 million de « vrais » nouveaux assurés séduits par le PER assurance en 31 mois d’existence.

Côté PER collectif, les chiffres sont moins précis, mais parmi les 118 500 entreprises ayant mis en place un PER collectif fin 2021, on suppose qu’une très large majorité a transferé d’anciens Perco dont le nombre ne cesse de diminuer (1,65 million de Perco fin 2021 contre 2,6 millions fin 2018).

Un avantage fiscal qui n’est qu’un report d’imposition

Les Français sont incorrigibles. Ils sont souvent attirés en premier par l’avantage fiscal d’un placement, comme pour le PER qui permet de déduire des sommes importantes de son revenu imposable.

Par exemple, un contribuable imposé à 41% qui verse 10 000 euros sur un PER réduit de 4 100 euros ses impôts. Attention, vous ne serez gagnant que si vous baissez de tranche d’imposition quand vous récupérez votre capital à la retraite, sinon vous devrez rendre au fisc ce que vous avez gagné à l’entrée.

Autre précision, cet avantage fiscal ne concerne que 45% des ménages français, ceux qui s’acquittent d’un impôt sur le revenu.

Un produit « tunnel »

Alors que les anciens produits d’épargne retraite limitaient les possibilités de récupérer vos capitaux avant la retraite (c’est ce qu’on appelle un produit « tunnel »), le PER est un peu plus souple puisqu’il offre la possibilité de récupérer votre argent avant échéance pour l’achat de sa résidence principale, et toujours en cas de coups durs (décès, invalidité, etc.),

Mais le jeu n’en vaut la chandelle que si vous avez baissé de plusieurs tranches d’imposition… ce qui est rarement le cas quand on achète.

Transfert d’un assureur à l’autre : armez-vous de patience ! 

Vous pouvez changer d’assureur ou de gestionnaire en transférant votre PER vers un autre PER quand bon vous semble. Avant cinq ans, des frais de 1% maximum s’appliquent néanmoins, mais après cinq ans, il n’y a aucun frais. Un atout dont l’assurance vie ne bénéficie pas.

Sachez cependant que les transferts entre prestataires différents ne sont pas très souples et qu’il faut parfois s’armer de patience.

Sortie en rente, en capital ou par transmission : on manque de recul ! 

Les Français n’aiment pas les produits à sortie en rente. C’était le cas des contrats Madelin et des Perp. En introduisant la possibilité de récupérer la totalité de son capital au moment de la retraite dans le cadre du PER, la loi Pacte a déverrouillé un blocage dans l’esprit des épargnants français.

Pour le moment, tous les PER étant encore en phase d’épargne, on ne sait pas encore quel choix les épargnants feront entre la sortie en rente ou en capital.

Ils se pencheront d’ailleurs peut-être vers une troisième solution : celle de ne pas sortir du tout et laisser le PER fructifier. Au décès, le PER sera transmis au conjoint survivant, exonéré de toute taxation. Un outil complémentaire à l’assurance vie pour préparer sa succession.

Le classement 2022 du Revenu des meilleurs PER disponible à la rentrée

Enfin, le succès du PER tient aussi à l’abondance de l’offre commerciale, du moins du côté des PER assurances. Mutuelles, banques, courtiers en ligne, grandes compagnies d’assurance, conseillers en gestion de patrimoine… La quasi-totalité des acteurs qui proposent de l’assurance vie ont désormais lancé leur contrat et sollicitent les Français préoccupés par le niveau de leur future retraite.

La rédaction du Revenu prépare l’attribution de Trophées d’Or qui récompenseront les meilleurs PER parmi les dizaines d’offres actuellement commercialisées. Rendez-vous à la rentrée prochaine pour en connaitre les lauréats.