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Économie française : sous le signe de l’inflation et d’Omicron

Publié le 03 décembre 2021

Pas de panique. Les responsables politiques semblent s’être donné le mot pour calmer les esprits face au rebond épidémique et au nouveau variant. Il s’agit de ne pas casser la confiance, ressort essentiel de l’activité.

À la Banque de France, François Villeroy de Galhau a assuré que l’irruption d’Omicron ne modifierait probablement pas significativement les prévisions. Et de rappeler que les vagues successives de Covid avaient eu, au fil du temps, un impact économique de moins en moins important.

À Bercy, Bruno Le Maire a déclaré ne pas avoir «d’inquiétude» pour la croissance française, qui «repose sur des fondamentaux qui sont bons». Mi-octobre, le gouvernement avait calé sa prévision pour 2021 sur celle de l’Insee, à +6,25%. Un scénario prudent, compte tenu d’un acquis de croissance qui atteignait 6,6% à l’issue du troisième trimestre.

Rebond dans les service

La période de juillet à septembre a été marquée par une forte accélération du PIB, à +3%, après +1,3% au deuxième. L’activité est ainsi quasiment revenue à son niveau d’avant crise. Le troisième trimestre, le premier depuis 2019 sans restrictions sanitaires majeures, a été le théâtre d’un boom de la consommation (+4,9%).

Particulièrement visible dans les services, le rebond mécanique des dépenses a été encouragé par l’embellie du marché du travail (+0,8% pour l’emploi salarié) et la hausse du revenu disponible (+0,8%). Sans compter le montant inédit de surépargne accumulé depuis le début de la crise (157 milliards d’euros !).

La croissance a atteint un pic

Mais le troisième trimestre pourrait avoir marqué un pic de croissance pour l’économie française. Dès octobre, la consommation a ralenti. Les dépenses en biens ont baissé de 0,4% (-1,8% pour les produits fabriqués). Les pressions inflationnistes n’aident pas. Or elles ne cessent de s’accentuer.

L’inflation a grimpé à 2,6% en octobre, puis 2,8% en novembre, touchant l’énergie, les produits manufacturés et même – plus modestement – les services. Cette poussée inflationniste est alimentée par les pénuries et les problèmes d’approvisionnement.

En octobre, les prix de production dans l’industrie française ont flambé de 14% ! Une hausse inédite depuis que la statistique existe (1995).

Des perspectives légèrement dégradées

«Avec l’augmentation de l’inflation et la nouvelle vague pandémique, de même que le variant Omicron, la consommation pourra difficilement être le principal moteur de la croissance dans les mois à venir», résume Charlotte de Montpellier, chez ING.

L’économiste craint que les derniers développements sanitaires n’aient un impact négatif via plusieurs canaux : confiance des ménages, aggravation des perturbations de la chaîne de production globale, repli du tourisme mondial, voire nouvelles restrictions sanitaires en France.

Sans retenir cette dernière hypothèse, très incertaine à ce stade, Charlotte de Montpellier a d’ores et déjà légèrement dégradé ses projections de croissance à court terme. Elle vise désormais +0,5% et +0,4% respectivement pour le quatrième trimestre 2021 et le premier trimestre 2022.