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«Comment payer moins d’impôts ?» nos conseils à Olivier et Karine

Publié le 27 novembre 2021

Olivier et Karine étaient à Cabourg pendant les vacances de la Toussaint. Ils aiment cette station balnéaire, son golf, sa plage à perte de vue, la proximité de Deauville et de ses boutiques de luxe. Le couple y loue deux à trois fois par an une belle villa avec piscine.

Après avoir longtemps hésité, ils ont renoncé à y acheter un pied à terre. Trop cher, trop d’entretien, trop de contraintes.

Cadres dynamiques, nos amis sont toujours entre deux web conférences, le téléphone à la main y compris pendant les repas ! Ils travaillent un dimanche par mois, après leur footing dominical. «Nous vivons à cent à l’heure. Plus notre agenda est chargé, plus nous sommes heureux.» C’est dit!

Ingénieur de formation, Olivier travaille dans l’industrie automobile depuis sa sortie d’école, d’abord chez un équipementier puis chez un constructeur. Pharmacien, son épouse officie dans un laboratoire américain, au service des affaires réglementaires. Elle négocie avec les autorités de santé la mise sur le marché de nouvelles molécules.

Très aisés, ils n’ont pas de problème de fin de mois et ont bien conscience de leur chance même s’ils ont dû faire de longues études et parfois des sacrifices pour en arriver là. En charge des finances au sein du couple, Karine a contacté Le Revenu pour qu’on l’aide à réduire leurs impôts. Après avoir défiscalisé dans l’immobilier pendant des années (Scellier, Pinel, Malraux), elle cherche de nouvelles martingales.

Pour lui apporter des réponses personnalisées à son unique préoccupation patrimoniale, nous avons analysé revenus, dépenses, actifs et dettes.

Conclusion : ils peuvent payer moins d’impôts en toute légalité sans prendre des risques démesurés mais des décisions doivent être prises. Vite.

Préconisation n°1 : investir via des enveloppes à fiscalité privilégiée

Commençons par optimiser la fiscalité des placements. Olivier et Karine épargnent sur des livrets bancaires et un compte-titres ordinaire, des produits taxés à 30%. Nous leur recommandons de changer leur fusil d’épaule et de privilégier l’assurance vie, le plan d’épargne en actions (PEA) et le plan d’épargne entreprise (PEE) exonérés d’impôts sur les gains (sous conditions).

Ces enveloppes dites «de capitalisation» possèdent un autre atout rarement mis en avant: les cotisations sociales – les fameux 17,2% auxquels il est impossible d’échapper – ne sont pas prélevées chaque année comme sur un livret ou à chaque encaissement d’un gain comme sur un compte-titres mais uniquement en cas de retrait (seule l’assurance vie en euros a un mode de fonctionnement différent). Dit autrement, tant que vous ne retirez pas votre argent, les sommes potentiellement dues aux organismes sociaux demeurent investies et les profits engendrés tombent dans votre besace.

En pratique, nous conseillons à Olivier et Karine qui ont accès à deux PEE de qualité via leur employeur de les alimenter en effectuant des versements volontaires autorisés dans la limite de 25% du salaire brut. Ils doivent aussi alléger le compte-titres et renforcer les PEA, ce qui leur permettra de ne payer «que» 17,2% de prélèvements sur les gains, soit 12,8 points de moins qu’aujourd’hui. Ils doivent bien sûr tenir compte de l’impact fiscal des cessions de titres.

Préconisation n°2 : ouvrir deux PER d’ici la fin de l’année

Pour alléger la fiscalité sur les salaires, nous conseillons la souscription de deux plans d’épargne retraite (PER) avant le 31 décembre, un au nom de monsieur, un au nom de madame. Institué par la loi Pacte de mai 2019, le PER est de loin, aujourd’hui, le meilleur placement «à gomme fiscale» pour des jeunes quinquagénaires à haut revenu.

Sur le plan technique, il ouvre droit à une «déduction» et non à une «réduction». Ce qui signifie que l’avantage fiscal est proportionnel au taux marginal d’imposition (TMI), soit le taux auquel est taxé un euro de revenu supplémentaire.

Olivier et Karine ont un TMI de 41%. S’ils versent 30.000 euros sur leurs plans (15.000 euros chacun), ils réduiront leur facture fiscale de 12.300 euros (30.000 * 0,41). En renouvelant l’opération chaque année, ils économiseront, en dix ans, 123.000 euros d’impôt (tout de même !).

La déduction est limitée à 10% du salaire net de frais professionnels, mais le solde de déduction qui n’est pas intégralement utilisé au cours d’une année donnée peut faire l’objet d’un report sur les trois années suivantes.

Nous leur conseillons de choisir un PER primé par la rédaction et distribué en ligne car ils sont très à l’aise avec les outils numériques et estiment pouvoir choisir seul les fonds dans lesquels investir en s’aidant des allocations types proposées par Le Revenu.

Préconisation n°3 : profiter des nouvelles réductions d’impôts

Enfin, un peu d’opportunisme fiscal n’a jamais fait de mal. Olivier qui va bientôt changer de voiture de fonction pour un véhicule électrique pourrait profiter du crédit d’impôt de 300 euros pour l’installation d’une borne de recharge à domicile.

Autre mesure transitoire : la hausse à 1.000 euros du plafond de déductibilité Coluche en cas de dons à une association d’aide aux personnes en difficulté. Ils promettent de réfléchir à l’intérêt de la «niche fiscale», mais se montrent plus stimulés par le taux de réduction boosté à 25% (contre 18%) en cas d’investissement en direct dans une PME ou via un FIP ou un FCPI.

Nous leur conseillons de diversifier dans deux ou trois fonds et de porter une attention particulière aux frais qui pèsent sur les performances de ces produits investis dans des PME non cotées régionales (FIP) ou de nouvelles technologies (FCPI).

Nous attirons aussi leur attention sur la durée d’immobilisation des fonds plus proche de sept à huit ans en pratique que de cinq ans, la durée de détention minimale imposée par le législateur pour profiter de l’avantage fiscal à l’entrée. Il faut en effet laisser le temps au gestionnaire de vendre toutes ses participations.

Olivier et Karine remercient Le Revenu pour la qualité de ses préconisations.


Les leçons à tirer de cette étude de patrimoine     

Exonéré d’impôt après cinq ans de détention, le PEE est très intéressant sur le plan fiscal. Faites le plein si vous avez accès à un tel placement.

L’immobilier de défiscalisation (Pinel, Malraux, etc.) est attrayant mais il faut savoir en sortir après la période de réduction d’impôt.