Le conservateur

Actualités Le Revenu

Assurance vie : les épargnants se détournent du fonds en euros, enfin !

Publié le 02 décembre 2021

Bon gré, mal gré, de plus en plus d’épargnants français s’affranchissent du fonds en euros et s’orientent vers les unités de compte, ces fonds boursiers ou immobiliers de l’assurance vie multisupport dont le capital n’est pas garanti par les assureurs (contrairement aux fonds en euros) mais dont le potentiel de gain est élevé.

En octobre 2021, sur les 13,2 milliards d’euros versés sur des contrats d’assurance vie, 5 milliards, soit près de 38%, ont été investis sur des unités de compte et «seulement» 62% ont été versés sur un fonds en euros sécurisé.

C’est un record pour un mois d’octobre, relève la Fédération française de l’assurance (FFA) qui rassemble tous les mois les chiffres d’activités auprès de ses assureurs vie et des courtiers.

38% sur des fonds risqués en octobre 2021

Depuis le début de l’année, les versements effectués par les épargnants français sur les unités de compte s’élèvent à 47,4 milliards d’euros, soit un taux moyen de 38% sur l’ensemble des 124,5 milliards d’euros cotisés entre janvier et octobre 2021.

Ce taux moyen d’unités de compte était de 35% en 2020 et de seulement 28% en 2019. Rappelons que, pendant des années, les versements sur le fonds en euros étaient omniprésents.

Par exemple, en octobre 2015, les Français investissaient 80% des versements sur des fonds en euros et seulement 20% en unités de compte.

Le casse-tête des vieux contrats monosupports

Si la transformation vers les unités de compte plus risquées paraît s’accélérer en ce qui concerne les nouveaux versements, la transformation est plus lente sur le montant global des contrats d’assurance vie (estimé à 1.861 milliards d’euros à fin octobre 2021, +6% en un an).

À fin 2020 (derniers chiffres officiels), sur l’encours global, les unités de compte ne représentaient que 24%, le reste étant investi en fonds en euros. Les Français restent encore accrochés à leurs vieux fonds en euros garantis.

En réalité, on compte encore des dizaines de milliers de (vieux) contrats d’assurance vie monosupports, investis uniquement en fonds en euros. Ils pèsent même 23% de l’encours global à fin 2020 selon la FFA.

Même si le taux de leurs fonds en euros est désormais inférieur à l’inflation, ces contrats sont souvent intéressants d’un point de vue fiscal (si souscrits avant 1991 ou 1998) et leurs titulaires n’ont que peu d’intérêt à en demander le transfert.