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Allemagne : feux tricolores ou Jamaïque ?

Publié le 30 septembre 2021

Les résultats des élections législatives allemandes laissent envisager plusieurs hypothèses pour la composition du futur gouvernement, qui pourrait réunir trois partis.

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En tête, le parti social-démocrate (SPD), d’abord mal en point et sondé à 15% au début de la campagne, a obtenu 25,7%. Après seize ans de mandature d’Angela Merkel, l’alliance de droite CDU/CSU, qui a rarement obtenu moins de 30% des voix, se retrouve avec 24,1%, le pire score de son histoire.

En l’absence de majorité claire, plusieurs coalitions sont possibles, nommées notamment d’après les couleurs de chaque parti. Une coalition «feux tricolores» réunirait le SPD, les Verts et les libéraux du FDP. La coalition «Jamaïque» regrouperait CDU/CSU, Verts et FDP.

Centriste

Une nouvelle grande coalition entre CDU/CSU et SPD, comme l’a pratiquée Angela Merkel, paraît moins probable à ce stade. Mais le retrait de l’un des petits partis des négociations, comme ce fut le cas en 2017, pourrait conduire à ce scénario, même si la volonté politique manque – car on voit mal, pour le moment, la CDU accepter un rôle secondaire dans un gouvernement dirigé par Olaf Scholz (SPD). Dans ce paysage très éclaté, où les voix se sont éparpillées, le futur exécutif allemand devrait avoir une orientation plutôt centriste.

Aucun des partis plus radicaux, comme Die Linke (4,9%) à gauche ou l’AfD à l’extrême droite (10,3%), ne devrait être invité à la table des négociations. Les formations politiques intermédiaires, comme les Verts qui ont obtenu 14,8% des voix et le FDP avec ses 11,5%, pourraient faire l’appoint pour former une coalition à trois.

Négociations

Le parti ayant obtenu le meilleur score, le SPD, devrait entamer les négociations de coalition, qui peuvent durer plusieurs mois. En Allemagne, un «contrat de coalition» est un document très détaillé – le dernier faisait 150 pages – qui définit le programme de gouvernement et les responsabilités ministérielles pour quatre ans. Le futur chancelier doit proposer des compromis qui permettent à tous les partis entrant dans la coalition de se rallier à lui.

Angela Merkel devrait assurer l’intérim, peut-être jusqu’à Noël, en tout cas de préférence avant janvier, car l’Allemagne assurera la présidence du G7 en 2022. Avec la participation éventuelle du FDP, l’orthodoxie budgétaire allemande devrait perdurer. Ministre des Finances d’Angela Merkel, Olaf Scholz en était déjà le défenseur. Cette situation politique délicate issue des urnes porte des enjeux surtout nationaux.

Elle ne devrait que peu influer sur les mouvements relatifs de la Bourse allemande. La remontée des taux d’intérêt longs sur les marchés financiers, qui alimente actuellement la volatilité boursière, reste le principal sujet de préoccupation des investisseurs, bien plus que la future coalition allemande.