4 janvier 2017

Russie : le pays émerge de la récession

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Ex-Bric, la Russie est loin d’avoir retrouvé son statut d’économie émergente, perdu après deux ans de récession. Mais au moins, commence-t-elle à sortir la tête de l’eau. Le PIB a grimpé de 0,6% entre juillet et septembre, par rapport au trimestre précédent (-0,4% en rythme annuel) et devrait également ressortir dans le vert au 4e trimestre. La Banque Mondiale a relevé de 0,6 à 1,2% sa prévision de croissance pour 2017.

La Russie est profondément dépendante de l’extraction d’hydrocarbures qui représentent un tiers du PIB, 50% du budget fédéral et 70% des exportations (plus de 80% avec les métaux de base). La chute des cours de l’or noir, dès mi-2014, a torpillé la croissance (lire graphique), tandis que la baisse des exportations et des investissements étrangers, destinés à l’industrie pétrolière, plombaient le cours du rouble, provoquant une envolée de l’inflation.

Maudit pétrole

Un cocktail de récession et d’inflation, symptomatique d’une économie «accroc» au pétrole. Le gouvernement dut augmenter les impôts et couper les dépenses, tandis que la Banque centrale augmentait drastiquement ses taux, jusqu’à 17% fin 2014, pour contrer une inflation galopante. Les sanctions occidentales, consécutives à la crise ukrainienne, ont nourri les craintes des investisseurs et accéléré la fuite des capitaux, aggravant la baisse du rouble et l’inflation.

La remontée des cours du brut en 2016 a apaisé ces maux. Les salaires se redressent et la consommation se stabilise (-0,9% en novembre en rythme mensuel contre -4,1% en rythme annuel). Le rouble remonte et l’inflation ralentit. Enfin, l’austérité budgétaire se desserre, avec la restauration des entrées fiscales… et l’approche des élections présidentielles (2018).

Reprise instable

Mais l’ensemble est fragile. Elvira Nabiullina, gouverneur de la Banque centrale, constatait, en décembre, la persistance d’un fort taux d’épargne des ménages, signe d’attentisme. Quant à l’inflation, elle reste loin de son objectif, fixé à 4%. Les investisseurs n’attendent donc pas de baisse du taux directeur, actuellement à 10%, avant fin 2017. Or, sans assouplissement de la politique monétaire, le crédit et l’investissement resteront bridés et la reprise timide.

Un resserrement plus rapide qu’anticipé de la politique monétaire américaine présente aussi une menace pour la Russie, comme pour toutes les économies émergentes, en raison de la dette libellée en dollars que porte ses entreprises et ses banques. Enfin, la géopolitique est une inconnue de plus, peut-être la plus instable, dans l’équation russe.

Si le président américain Donald Trump, en fonction le 20 janvier, apparaît favorable à Vladimir Poutine, ce n’est pas le cas de la majorité des élus républicains, qui contrôleront le Congrès. Quant aux Européens, ils ont renouvelé mi-décembre, pour six mois, les sanctions prises contre la Russie. Les dossiers ukrainien et syrien restent brûlants. À nouveau ostracisé, la Russie verrait sa devise replonger.

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